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La crise du coronavirus frappe de plein fouet le leader russe du diamant Alrosa

Publié le 22 juil. 2020 à 15h04

La crise du coronavirus a porté un coup extrêmement dur à l’industrie du diamant. Tout comme son concurrent De Beers, le russe Alrosa, leader mondial de la production de diamants, refuse pour l’instant de bouleverser ses plans. « Il y a des signaux positifs venant surtout de Chine où les ventes de bijoux sont presque revenues au niveau de l’an passé », confie aux Echos Evgueny Agureev, le directeur général adjoint du groupe minier dans des commentaires écrits. « Une fois que les restrictions seront levées à travers le monde, la confiance reviendra et la demande suivra. »

En attendant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les ventes du premier semestre ont chuté de 47% sur un an, passant à 10,1 millions de carats. Et la production a baissé de 22%, passant à 13,7 millions de carats.

Suspension des mines peu rentables

Avec la mise en quarantaine de facto du secteur, Alrosa a préféré prendre des mesures pour réduire les coûts. D’où la suspension temporaire des mines les moins rentables. « Notre production totale en 2020 de diamants bruts devrait être de 28-31 millions de carats, soit 9-18% de moins que l’objectif initial », reconnait Evgueny Agureev. Pendant les mois de confinement mondial, Alrosa a rendu plus flexible son approche commerciale. Pour maintenir les prix, il a vendu des diamants uniquement lorsque la demande était réelle. Résultat de cette stratégie : à la fin du premier semestre, les prix d’Alrosa ont baissé de 2% seulement mais ses stocks ont augmenté de 25%, passant à plus de 26 millions de carats, soit quasiment autant que le nouveau niveau de production anticipé pour l’année.

« Nous mettons tout en oeuvre pour maintenir la stabilité de l’industrie du diamant et soutenir nos clients », insiste le représentant d’Alrosa, pour qui le maintien de prix élevé est crucial pour empêcher la dépréciation des stocks et assurer la solvabilité de la filière.

Fermeture du centre de taille en Inde

La reprise reste toutefois incertaine. Alors que le marché américain reste paralysé par la pandémie, les mauvaises nouvelles sont aussi en amont. Le centre de taille d’Alrosa en Inde, à Surat, avait repris fin mai en partie mais a de nouveau fermé en juillet pour contenir la pandémie.

Alrosa, propriété aux deux tiers de l’Etat russe, étroitement contrôlé par le Kremlin malgré son entrée à la bourse de Moscou en 2013, subissait la déprime du marché mondial bien avant le coronavirus. L’an passé, il avait connu un important déclin de son bénéfice net et de son chiffre d’affaires. Il avait déjà baissé ses prévisions de production. Sûr de l’avenir du diamant naturel, il assure ne pas être inquiet par l’essor des diamants artificiels et compte sur sa stratégie de « pure player » (exploration, extraction et commercialisation) pour maintenir sa part dominante (plus de 25%) sur le marché mondial. Mais, défiant Alrosa et De Beers, de plus petits acteurs ont profité du coronavirus pour commencer à jouer sur les prix et gagner des parts de marché.

Source : les echos

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