Placement

La crise favorise la création de captives d’assurance pour les entreprises

Publié le 7 janv. 2021 à 7:53

La crise du covid-19 pourrait doper le développement des captives, ces compagnies d’assurance ou de réassurance créées par des entreprises en interne pour mieux gérer leurs risques, selon des courtiers et professionnels de la gestion des risques.

Environ 120 entreprises françaises, et la plupart de celles du CAC 40, sont aujourd’hui équipées d’une captive en assurance. Cependant, « compte-tenu des conditions du marché de l’assurance, beaucoup d’industriels s’interrogent sur l’opportunité de doper leurs captives et de leur transférer des risques qui, aujourd’hui, ne sont pas assurés ou dont les prix d’assurance sont devenus prohibitifs »,explique Hervé Houdard, vice-président du directoire du courtier en assurances d’entreprises SIACI Saint-Honoré.

Retournement du marché

Après des années plutôt favorables aux grandes entreprises, les assureurs ont décidé dans le sillage de la crise du covid-19 d’augmenter leurs prix, de revoir en hausse les franchises ou encore de diminuer le montant et l’étendue des couvertures, selon les experts. Ceux-ci n’hésitent pas à parler de retournement du marché même si l’année 2019 avait déjà été marquée par des hausses de prix.

Les réflexions sur l’intérêt de captives ne sont pas nouvelles. Mais le tour de vis actuel des assureurs encourage les entreprises n’en n’ayant pas encore à réfléchir à se doter d’un tel outil. « Nous sommes désormais de plus en plus sollicités, que ce soit par des adhérents ou non dans la logistique, l’automobile, l’agroalimentaire, la distribution, etc., qui se renseignent auprès de nous sur comment monter des captives », assure Oliver Wild, le président de l’association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise (Amare), représentant des grandes entreprises et des ETI.

Des dispositifs attractifs au Luxembourg

Se doter d’un tel outil en pleine crise « reste possible, néanmoins les entreprises qui obtiennent un résultat optimal sont celles qui avaient mis à profit les années plus favorables pour mettre en place leur captive », note Fabrice Domange, dirigeant du courtier en assurances Marsh en France. « Créer une captive, ce n’est pas si simple que cela, souligne par ailleurs Hervé Houdard chez SIACI Saint-Honoré. Les entreprises intéressées ne vont pas forcément créer une captive toute de suite ».

Les candidats surveillent les travaux menés par Bercy, qui s’est dit prêt à faciliter l’installation des captives sur le territoire. La plupart des groupes concernés par une captive ont en effet préféré des destinations plus accommodantes, notamment fiscalement, telles que le Luxembourg et l’Irlande. Aujourd’hui, seule une poignée d’entreprises françaises comme Veolia, Dassault Aviation ou, depuis l’an dernier, Worldline ont fait le choix d’avoir un tel instrument dans l’Hexagone. « En France, il faudrait permettre à une captive de provisionner plus, plus vite sur les risques exceptionnels et je pense que tout le reste suivra », juge Brigitte Bouquot, vice-présidente de l’Amrae.

Le contexte est porteur. Depuis le printemps dernier, Bercy travaille sur la mise en place de solutions susceptibles d’aider les entreprises touchées par des événements tels qu’une pandémie. Confronté à la réticence des entreprises, Bruno Le Maire a certes écarté en décembre l’idée de créer une assurance pandémie obligatoire. En revanche, le gouvernement a fait savoir que des mesures législatives seraient adoptées cette année pour que les entreprises puissent constituer des provisions, bénéficiant d’un régime fiscal avantageux, afin d’avoir des réserves financières susceptibles d’amortir les coups durs.

Source : les echos

Autres articles à lire

Airbnb refuse les avances d’un hedge fund activiste

administrateur

Tesla prépare une augmentation de capital de 5 milliards de dollars

administrateur

Frais bancaires : les parlementaires à l’offensive

administrateur

L’affaire Boohoo, un cas d’école pour l’investissement responsable

administrateur

Les rendements des fonds euros de nouveau attendus en baisse

administrateur

L’action Tesla perd jusqu’à 20 % à Wall Street

administrateur