Placement

La devise nord-coréenne rattrapée par la catastrophe économique que traverse le pays

La Corée du Nord tente de sortir d’une grave crise économique qui rappelle les heures les plus sombres de son histoire. Selon l’institut Brookings , la croissance nord coréenne aurait chuté de 8,5 % en 2020 et son commerce avec son principal partenaire, la Chine (90 % de ses échanges extérieurs), se serait effondrée de 80 %. La Corée du Sud a bien mieux résisté avec une contraction de seulement 1 % de son économie. « L’année dernière Kim Jong-un a accru le contrôle étatique sur l’économie et provoqué un fort rebond de sa monnaie, source d’instabilité », souligne l’institut Brookings. Avec le plongeon du commerce extérieur, les Nord coréens n’ont plus eu besoin de monnaies étrangères (dollars, renminbis) pour acheter des denrées et biens. Ils ont cédé ces devises pour acheter des wons nord coréens. En 2020, le dollar a ainsi perdu 22 % contre la monnaie nord-coréenne et le renminbi près de 25 % selon le site « dailynk ». La monnaie du voisin chinois inspire malgré tout bien davantage confiance à la population et aux milieux d’affaires que le won nord coréen. C’est elle bien plus que le dollar qui est la monnaie étrangère la plus répandue en Corée du Nord.

Remontée du dollar

Le billet vert a regagné jusqu’à 10 % en février avant de ramener ses gains à 3 % depuis le début de l’année. Les anticipations de redémarrage du commerce extérieur ont suscité une demande de dollar. Aucun des rares pays (Chine, Russie, Inde) qui commercent avec la Corée du Nord n’accepte la monnaie de Pyongyang en règlement. Elle a un long historique de dévaluations surprises et opportunistes. L’inflation ronge aussi sa valeur dans une économie à l’arrêt depuis un an.

Inflation et famine

Les aléas climatiques (pluies torrentielles…) de 2020 ont fait chuter les productions agricoles. Face à cette chute de la production, les prix de certaines denrées (maïs…) se sont envolés. Le prix du kilo de maïs a atteint son plus haut niveau depuis 2009 avant de céder du terrain. Son prix a été multiplié par deux depuis début 2020. Celui du kilo de porc a bondi de 46 %. Le prix du riz a en revanche baisser de 9 %. Les autorités pourraient décider d’intervenir et limiter la hausse des prix selon « dailynk » car elles redoutent des famines comparables à celles du milieu des années quatre-vingt-dix qui avaient fait des millions de morts. Compte tenu de la crise économique persistante, toutes les dépenses ont été gelées à l’exception de la construction de 10.000 logements dans la capitale Pyongyang.

Déséquilibres financiers

Ce pays, en pointe dans la cybercriminalité financière des cryptos et bitcoins, est aussi en quête de devises fortes comme le renminbi, le dollar et l’euro. Il cherche par tous les moyens à mettre la main sur des ressources financières pour financer notamment son programme nucléaire, le seul selon lui à pouvoir assurer son indépendance et sa survie. Ses dépenses militaires représentent entre 20 % et 40 % de son produit intérieur brut selon les années. En 2019, ses exportations lui ont rapporté près de 300 millions de dollars alors qu’il avait dû débourser 2,7 milliards de dollars pour ses importations. Un déséquilibre structurel qui fragilise sa devise et son économie.

Source : les echos

Autres articles à lire

BPCE, à l’offensive dans la banque de détail, vise plus de 25 milliards d’euros de revenus

administrateur

Les questions que pose le projet franco-allemand de dette européenne

administrateur

Une saison de résultats à hauts risques s’ouvre pour les Bourses

administrateur

Société Générale – Crédit du Nord : quatre chiffres clés sur une restructuration de grande ampleur

administrateur

L’auditeur Grant Thornton rattrapé par les liquidateurs de Patisserie Valerie

administrateur

Pour les élections allemandes, les marchés votent à gauche

administrateur