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La Maison Blanche interdit aux Américains d’investir dans le complexe « militaro-industriel » chinois

Publié le 13 nov. 2020 à 6:25Mis à jour le 13 nov. 2020 à 6:28

Le sujet était sur la table depuis plusieurs mois. Jeudi, la Maison Blanche a publié un décret interdisant aux Américains d’investir, directement ou via des fonds, dans une trentaine d’entreprises chinoises jugées proche du secteur militaire. Cette interdiction prendra effet le 11 janvier prochain, soit neuf jours avant l’investiture prévue du nouveau président élu Joe Biden – dont Donald Trump refuse de reconnaître la victoire. Les détenteurs auront jusqu’au 11 novembre 2021 pour solder leurs titres.

La Chine « accroît la taille de son complexe militaro-industriel en obligeant les entreprises civiles chinoises à soutenir ses activités militaires et de renseignement », explique Donald Trump dans le décret transmis par la Maison Blanche. « Ces entreprises, bien qu’elles restent ostensiblement privées et civiles, soutiennent directement les appareils militaires, de renseignement et de sécurité » de la Chine, justifie-t-il.

China Mobile et China Telecom

Les sociétés visées sont cotées en Chine et à Hong Kong, voire, pour quelques filiales d’entre elles, à Wall Street. Selon la liste publiée en juin par le « Financial Times », les groupes télécoms Huawei, China Mobile et China Telecom sont concernés, tout comme les groupes nucléaires CNNC et CGN, le groupe aéronautique Avic ou l’entreprise de défense Norinco, mais aussi des entreprises du secteur de la construction ou du transport maritime. Nombre de ces entreprises sont déjà visées par des restrictions américaines de divers ordres.

Les particuliers ne savent pas toujours eux-mêmes dans quelles entreprises leur argent est investi. « Les investisseurs individuels aux Etats-Unis peuvent, sans le savoir, fournir des fonds par l’intermédiaire de véhicules d’investissement institutionnels passifs tels que les fonds communs de placement et les plans de retraite », a expliqué le conseiller à la Sécurité nationale, Robert O’Brien, dans un communiqué séparé, également publié jeudi.

« Fourniture involontaire »

« L’action du président sert à protéger les investisseurs américains contre la fourniture involontaire de capitaux destinés à renforcer les capacités de l’Armée de libération du peuple et des services de renseignement de la République populaire de Chine », appuie-t-il. Des services qui, estime Washington, « ciblent régulièrement les citoyens et les entreprises américaines par le biais de cyber-opérations et menacent directement les infrastructures essentielles, l’économie et l’armée des Etats-Unis et de leurs alliés ».

Cette mesure vient compléter l’arsenal d’annonces et de mesures prises contre Pékin par l’administration Trump ces dernières années. Jeudi, le département du Commerce, a en revanche, indiqué que le feuilleton de l’interdiction de la plateforme de vidéos TikTok , propriété du groupe chinois ByteDance, allait encore se poursuivre, « dans l’attente de nouveaux développements juridiques ».

Source : les echos

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