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La Réserve fédérale commence à racheter de la dette d’entreprise

La Réserve fédérale ouvre boutique. Depuis ce mardi, la banque centrale américaine est prête à acheter de la dette d’entreprises secouées par la crise du coronavirus. Concrètement, elle met en oeuvre l’un des deux volets prévus pour les grands groupes : celui prévoyant l’achat d’obligations sur le marché secondaire, notamment via des parts de fonds américains cotés en Bourse (ETF) largement investis en obligations d’entreprises américaines.

« Dans un avenir proche », un deuxième volet consistera à acheter de la dette directement auprès des émetteurs, a précisé la Fed lundi. Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a évoqué lundi un horizon de « quelques semaines ».

Programmes inédits

Ces deux programmes, inédits pour la Réserve fédérale, avaient été annoncés par son président Jerome Powell le 23 mars dernier , dès le début de la crise et dans le cadre d’un plan massif de soutien à la liquidité des marchés. Les discussions ont toutefois été longues avant d’aboutir, la Fed ayant pris du temps pour calibrer les besoins et obtenir le feu vert du Congrès et du Trésor.

En réalité, la seule annonce de ce plan d’achat avait déjà suffi à détendre les marchés financiers, avait souligné Jerome Powell lors de sa dernière conférence de presse , le 29 avril. Les investisseurs, qui cherchent des rendements pour leurs fonds, ont largement répondu présent ces dernières semaines pour financer les émissions de dette des grandes entreprises américaines, même les plus durement touchées par la catastrophe sanitaire. Le constructeur aéronautique Boeing a ainsi réussi à lever 25 milliards de dollars, tandis que le numéro un mondial des croisières Carnival a trouvé plus de 6 milliards de dollars.

Initiative en deux temps

L’un des enjeux pour la Réserve fédérale sera de prêter sans y laisser des plumes, alors que le deuxième trimestre affichera un recul du PIB historique . « Nous prévoyons que le taux de défaillance des entreprises américaines de catégorie spéculative passera de 3,1 % en décembre 2019 à 10 % au cours des 12 prochains mois », a indiqué Sudeep Kesh, de S & P Credit Markets Research. Sur les 32 défaillances d’entreprises enregistrées en avril, les deux-tiers (21) étaient américaines. Si la Fed prévoyait fin mars de ne racheter que des obligations bien notées (« investment grade »), elle a légèrement assoupli ses critères pour tenir compte des dégradations de notation liées à la crise.

La Réserve fédérale vient également de publier les modalités de son programme de rachat de 500 milliards de dollars de dette à court terme en faveur des villes et des comtés américains. Compte tenu des prix facturés pour aider les collectivités, avec une prime de 1,5 % pour les mieux notées, celles-ci pourraient toutefois y regarder à deux fois, estiment certains analystes.

Source : les echos

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