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L’Allemagne rejoint le club des émetteurs d’obligations vertes

Le marché des green bonds va accueillir un nouvel acteur stratégique. Après la France , la Pologne, l’Irlande, la Belgique ou les Pays-Bas, l’Allemagne a confirmé lundi qu’elle émettrait pour la première fois d’ici la fin de l’année entre 8 et 12 milliards d’euros d’obligations fédérales écologiques. «Les titres d’Etat allemands constituent la référence en matière de taux d’intérêt dans la zone euro, indiquent dans une tribune publiée dans le quotidien économique «Handelsblatt» Olaf Scholz et Svenja Schulze, respectivement ministre des Finances et de l’Environnement. Nous voulons poursuivre dans cette voie et apporter une contribution substantielle dans le nouveau segment de marché écologique ».

L’Agence allemande de la dette précise ainsi vouloir émettre en septembre, via un pool de banques, une première obligation verte à dix ans pour un volume minimum de 4 milliards d’euros. Elle sera calquée sur l’émission obligataire classique faite le 17 juin, et devrait ressortir avec un coût de financement équivalent, voire moins élevé, selon l’Agence. Une deuxième obligation verte d’une maturité de 5 ans, aussi « jumelée » à un titre classique, doit ensuite être lancée au quatrième trimestre. Mais ce n’est qu’un début, l’institution promet d’émettre de nouvelles obligations vertes en 2021 et de couvrir tout le spectre des maturités (de 2 à 30 ans). Ces « titres jumeaux » pourront en outre être échangés.

Un premier signal encourageant

L’appétit des investisseurs pour la première émission obligataire verte de Deutsche Bank début juin a de quoi rendre Berlin optimiste : la demande avait alors été plus de 9 fois supérieure à l’enveloppe de 500 millions proposée. Une bonne nouvelle alors que le gouvernement allemand a déjà voté deux rallonges budgétaires de 156 et 130 milliards d’euros qu’il financera par de la dette. Du financement des voitures électriques au développement d’un marché domestique de l’hydrogène vert, ces enveloppes comportent un éventail de mesures destinées à verdir l’économie du pays.

Un groupe de travail composé de représentants de tous les ministères et de consultants doit identifier précisément d’ici la fin août les postes budgétaires qui pourront être financés par ces nouvelles obligations. Encore limitées dans leur cible, elles représentent aussi une goutte d’eau au regard de l’ensemble des émissions fédérales allemandes : moins de 10 % des 146 milliards d’euros qui doivent être levés au troisième trimestre par le gouvernement fédéral sur le marché des capitaux et moins de 3 % du volume total sur l’année. Il reste que dans un marché mondial évalué à 68 milliards de dollars (60,7 milliards d’euros), ces 12 milliards représentent à eux seuls près de 20 % du marché.

Source : les echos

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