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Le bitcoin cherche un nouveau catalyseur

Après son krach du 12 mars, le bitcoin, à 9.000,00 dollars (8.360,00 euros) a repris le chemin de la hausse dans le sillage du rebond des marchés boursiers. Il a regagné le terrain perdu lors du grand plongeon. Dans la crise actuelle, le marché des cryptomonnaies tend à évoluer dans le même sens que les actions, notamment américaines. Le bitcoin n’a pas joué le rôle d’actif refuge lors de la tempête du coronavirus, selon des travaux . De fait, même les cryptos stables comme Tether comportent une part de risque.

Les monnaies cryptographiques ont progressé cette année à la différence des marchés boursiers, qui pour la plupart sont encore nettement dans le rouge. Le bitcoin (+23,5 %) est distancé par l’Ether (+60 %). L’indice Bitwise des 10 plus grandes cryptos gagne près de 25 % depuis le début de l’année et celui des petites cryptos (Bitwise 70) 18 %.

Catalyseur

Le bitcoin cherche un nouveau catalyseur en pleine crise mondiale du coronavirus, qui lui permettrait de repasser les 10.000 dollars . La troisième réduction du rythme d’émission, qui interviendra entre le 11 et 14 mai, pourrait redonner des espoirs aux investisseurs. Le nombre de bitcoins attribués aux sociétés de minage (qui assurent le bon fonctionnement du réseau) est divisé par deux tous les 210.000 « blocs » (qui regroupent un nombre de transactions), qui contiennent les transactions et forment la « blockchain ». La rémunération en bitcoins des sociétés de minage est divisée par deux à peu près tous les quatre ans (2012, 2016, 2020).

Nouvel environnement

L’impact de la réduction du rythme d’émission de bitcoin sur son cours divise la communauté crypto : non-événement, hausse éphémère du prix ou nouvelle progression de long terme ? « Cela n’aura pas d’effet. Les ventes des sociétés de minages sont faibles dans les volumes mondiaux. Elles vont être divisées par deux mais cela représente une réduction de la pression vendeuse de seulement 900 bitcoins par jour », estime Nic Carter de la société coinmetrics. 86,7 % de l’offre de bitcoins ayant déjà été émise, l’influence sur les cours des cessions opérées par les sociétés de minage pour financer leur activité, est modeste.

« Cette division de la prime de minage (la rémunération des sociétés de minage qui assurent le fonctionnement du réseau) est certes importante mais ce qui provoque pour l’essentiel la hausse du bitcoin est l’arrivée de nouveaux acheteurs à cause du nouvel environnement économique en toile de fond » déclare sur Twitter, Michael Novogratz , de Galaxy Digital, une banque d’investissement sur les cryptos. Depuis 2014, la leader des cryptos a progressé dans 5 cas sur 6 au second trimestre et pour un gain moyen de 80 %.

Test de popularité

La crise du coronavirus est un test de popularité et résilience pour le bitcoin et des cryptos, qui n’étaient pas cotés sur des plateformes en 2008. Des bourses comme Kraken et Bitfinex ont enregistré une forte hausse de leur clientèle en mars alors que d’autres comme Huobi ont souffert du fait des pertes de leurs spéculateurs emportés par le plongeon du 12 mars. En Europe, 9 % des personnes interrogées en mars par bitFlyer Europe pensent que le bitcoin jouera le rôle d’une monnaie dans 10 ans. Une même proportion estime que ce sera uniquement un placement. 60 % des Français anticipent que les cryptomonnaies existeront encore dans 10 ans, contre 66 % pour les Européens.

Stocker ou vendre

Les 5 grandes coopératives de minage chinoises (F2Pool, Poolin, BTC. com) AntPool…), qui représentent les deux tiers de la puissance du réseau du Bitcoin, sont les principales vendeuses structurelles de bitcoins. Depuis 2018, les sociétés de minage représentent entre 20 % et 40 % des bitcoins qui sont envoyés sur les plateformes pour être cédés.

Ces détenteurs de bitcoin évitent de les céder quand les cours sont déprimés . Ils préfèrent attendre et les stocker en attendant une remontée des prix. Ils peuvent les prêter aux traders moyennant rétribution. Les revenus quotidiens de toutes les sociétés de minage ont été estimés entre 10 et 20 millions de dollars en mars et avril. Leur rémunération en bitcoins sert à récompenser leur travail qui inclut des frais (électricité, matériel). Leur activité génère des profits selon la difficulté de création des blocs, le niveau de compétition et le cours du bitcoin. Il faut qu’il soit au-dessus de 6000 à 7000 dollars pour que les sociétés gagnent de l’argent. Avec la réduction de la prime qui leur est accordée certains groupes de minage vont quitter cette activité qui ne sera plus rentable compte tenu de la hausse de leur « point mort ». Ces sorties pourront accentuer la cartellisation du secteur. 

Source : les echos

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