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Le bitcoin et cryptos réussissent le « stress test » du coronavirus

Publié le 18 juil. 2020 à 7h31

Les banques centrales ne sont pas les ennemies des devises 2.0 qui échappent à leur contrôle. Leurs erreurs et excès alimentent aussi leur hausse, selon les intervenants des marchés du bitcoin, qui vaut 9.100 dollars (7.990 euros). « Le tsunami d’argent qui s’est déversé depuis la crise a profité à tout le marché des cryptomonnaies », estime le hedge fund Pantera, spécialisé sur les cryptos. Le bitcoin a gagné 28 % sur les 6 premiers mois de l’année et l’Ether 77 %. Depuis 2011, la leader des cryptomonnaies ou cryptos a plutôt tendance à monter en juillet. En août, elle recule dans deux cas sur trois, en moyenne de 16,4 %. Les turbulences du bitcoin pourraient reprendre après une accalmie depuis début juin. Sa volatilité annuelle est encore de 84 % mais parier sur la chute du bitcoin semble actuellement aussi dangereux que miser sur celle de Tesla . Aussi anticonformiste et décomplexé que le groupe disruptif d’Elon Musk, le bitcoin a passé un nouveau cap en traversant la première phase de la crise du coronavirus sans dommages.

Rareté programmée

Le ralentissement du rythme de création de bitcoins en mai n’a pas été le catalyseur d’une remontée durable de son cours au-delà des 10.000 dollars. Il a brièvement franchi ce niveau en juin et en février. Il atteint son plus haut annuel le 12 février à 10.400 dollars et son plus bas le 16 mars peu après le krach des cryptos le 12 mars. Le bitcoin avait été alors emporté par le plongeon des marchés financiers internationaux avant que les banques centrales interviennent massivement. « La corrélation du bitcoin et de l’indice CAC 40 s’est renforcée pendant la crise du Covid-19. Elle s’élevait à 65 % depuis 2015 mais s’est accentuée pour atteindre 96 % entre le 17 février et le 18 mars 2020 », constate l’Autorité des marchés Financiers dans son rapport sur « La cartographie 2020 des marchés et des risques ». 

Les cryptos ont depuis repris leurs distances avec les marchés financiers traditionnels. Ils ont retrouvé une partie de leur indépendance. Cette caractéristique intéresse les investisseurs et attire de nouveaux capitaux. 70 % des Américains avaient entendu parler du bitcoin en 2019 selon l’étude annuelle de la Réserve fédérale. Ils n’étaient que 8 % à connaître l’Ether. 1 % déclarait détenir des bitcoins, soit le double par rapport à 2017 lors de l’envolée spéculative des cryptos.

340.000 traders

« 5 millions de personnes consultent chaque semaine les plateformes d’échanges de cryptos mais seulement 340.000 traders sont véritablement actifs sur le bitcoin » selon la société Chainalysis. Ce sont essentiellement des individus qui spéculent sur des montants inférieurs à 10.000 dollars. Ce sont toutefois les intervenants professionnels (hedge funds, traders haute fréquence…) qui ont le plus d’impact au jour le jour sur les cours. Leur influence va grandir avec l’arrivée de nouveaux hedge funds comme Tudor de Paul Tudor Jones et Renaissance . « Le marché est encore dominé en nombre par les particuliers mais l’institutionnalisation du marché (hedge funds…) progresse et le basculement devrait se produire dans les deux à trois ans », déclare à Barrons Mike Novogratz le directeur général de Galaxy Digital. Il estime qu’un franchissement net des 10.000 dollars par le bitcoin lui ouvrirait rapidement les portes des 14.000 dollars.

14 % à 23 % de rendement

Les hedge funds spécialisés sur les cryptos ont perdu entre 2 % et 7 % en juin. Au premier semestre, leur performance est comprise entre 14 % et 23 % selon « HFR » et « Eurekahedge ». « Nous sommes actuellement dans un marché haussier qui devrait durer au moins jusqu’à la fin du premier semestre de 2021. Les autres cryptomonnaies devraient enregistrer des performances supérieures au bitcoin, ce qui a déjà commencé cette année. La part de marché des 20 plus grandes cryptos autres que le bitcoin va augmenter », estime le hedge fund Pantera dans sa lettre à ses clients. Le bitcoin résiste mieux que les autres cryptos lors des chutes du marché mais progresse généralement moins lors des phases de hausse. En 2017, lors de la grande envolée spéculative, le poids du bitcoin chuta jusqu’à 38 % du total du marché. Cette part, qui est aujourd’hui de 62 %, pourrait encore chuter au bénéfice des petites et moyennes cryptos.

Source : les echos

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