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Le cash continue son (lent) déclin en Europe

Publié le 2 déc. 2020 à 9:00Mis à jour le 2 déc. 2020 à 9:32

Ce n’est toujours pas la chute brutale que ses détracteurs lui souhaitent, mais le déclin du cash est bel et bien là. C’est la conclusion d’une vaste étude de la Banque centrale européenne (BCE) sur l’usage du cash au sein de la zone euro publiée ce mercredi, trois ans après les derniers chiffres sur le sujet.

En moyenne, en 2019, 73 % des transactions de la zone euro ont été réalisées en espèce, contre 79 % en 2016. Le cash ne représente en revanche plus que 48 % de la valeur totale des transactions, contre 54 % précédemment. C’est cependant toujours plus que le paiement par carte qui représente 41 % de l’ensemble du montant des paiements réalisés.

Le déclin du cash est cependant plus ou moins prononcé d’un Etat membre à l’autre . En France par exemple, la baisse est plus marquée. Les Français ont utilisé la monnaie sonnante et trébuchante pour régler 6 transactions sur 10 en 2019, contre 7 trois ans plus tôt (-9 %). En valeur, le cash ne représente plus en 2019 qu’un quart du total des montants réglés, contre 28 % trois ans plus tôt.

Soulagement

Depuis plusieurs années, le cash laisse progressivement la place à d’autres moyens de paiement, notamment digitaux. Outre la carte bancaire, le cash est de plus en plus concurrencé par le paiement sans contact ou, dans une moindre mesure, le paiement mobile.

Mais pour les acteurs de la filière fiduciaire, qui attendaient impatiemment les chiffres de la BCE, les conclusions de l’étude sont plutôt un soulagement. « Cette évolution était attendue, commente Marc Schwartz, le patron de la Monnaie de Paris, en charge de la frappe monétaire en France. Mais ce que l’on constate c’est que les espèces restent le moyen de paiement le plus utilisé en Europe, et même en France. On est loin d’une disparition accélérée de la monnaie fiduciaire comme le clament certains. »

Même soulagement pour Patrick Lagarde à la tête du transporteur de fonds Brinks, qui se dit « rassuré » par les conclusions de l’étude de la BCE. Mais signe que le recul du cash le préoccupe, son entreprise vient d’annoncer avoir offert l’installation d’une cinquantaine de distributeurs automatiques de monnaie aux communes qui n’en possède plus, ainsi qu’un an de gratuité d’exploitation. Avec les fermetures à répétition des agences bancaires – autres conséquences de la digitalisation du secteur financier -, des centaines de villages perdent en effet leur DAB. « Nous avons reçu un grand nombre de demandes de la part des maires de ces communes, ajoute-t-il. Sans accès aux espèces, ce sont les commerçants qui sont impactés, notamment les commerçants nomades, mais également la ville. Les habitants sont souvent contraints de faire leurs courses dans la commune voisine ».

Source : les echos

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