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Le Covid-19 rebat les cartes du marché français des fusions-acquisitions

Nouvelle donne sur le marché français des fusions-acquisitions. En pleine pandémie, les volumes de M&A ont chuté de 26,5%, à un peu plus de 58 milliards de dollars au premier semestre, selon les chiffres de Refinitiv qui recensent les opérations annoncées. Par ailleurs, la crise sanitaire a favorisé le retour des banques d’affaires françaises.

Rothschild, douzième à mi-année en 2019, prend la tête du classement, avec un volume de deals qui bondit de 7,1 milliards de dollars à 22,5 milliards à l’occasion de 33 transactions. Vingt-et-unième l’an dernière, Société Générale créé la surprise et prend la place de numéro deux, crédité de dix opérations pour 21,8 milliards (contre 2,7 milliards en 2019). Les deux banques ont été mandatées sur les deux plus grosses opérations du semestre : l’acquisition d’Ingenico par Worldline (10 milliards de dollars) et celle de la division transport du conglomérat canadien Bombardier par Alstom (8,2 milliards).

Goldman Sachs remonte d’un cran à la troisième place. Lazard et JPMorgan, troisième et cinquième en 2019, n’ont en revanche pas transformé l’essai cette année, en tout cas jusqu’ici : faute d’avoir été présents sur les opérations phares tricolores, ils prennent la quinzième (3,2 milliards) et seizième place (2,8 milliards) du classement 2020.

Les Britanniques mieux placés

Du côté des entreprises aussi, le Covid-19 a imposé une nouvelle réalité. « Nous observons une bifurcation nette entre les entreprises qui ont rapidement retrouvé leur point d’équilibre opérationnel et financier, qui repassent à l’offensive, et les groupes bousculés par la crise », souligne Pierre Hudry, responsable de Goldman Sachs en France. Outre la nécessité de protéger leurs cashflows, ces dernières « se trouvent dans l’obligation de passer leur portefeuille à la paille de fer pour céder les actifs les moins stratégiques », dit-il.

S’y ajoutent des divergences avec leurs concurrents européens. « Les groupes britanniques ont moins recouru aux prêts garantis mais se sont mieux positionnés pour profiter des opportunités d’acquisition à venir car ils n’ont pas hésité à lever des fonds propres, ce qui n’est pas le cas des groupes français. Cela peut faire une différence à l’avenir», considère Jean-Baptiste Charlet, co-responsable de la banque d’affaires en France de Morgan Stanley.

Situations de cessions forcées

Le contexte reste volatil. « De nombreuses réflexions sont menées par les entreprises, mais le manque de visibilité sur le flux d’affaires est un obstacle important pour passer à l’acte », souligne Cyril de Mont-Marin, associé-gérant chez Rothschild. D’autant que « les marchés demeurent élevés et les multiples de valorisation n’ont pas diminué, ce qui reste un paradoxe au vu de l’incertitude des projections de résultats futurs ».

Les quelques 100 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat à prix coûtant injectés dans l’économie devraient donner de l’oxygène aux entreprises. « En revanche, des situations de cessions forcées pourraient s’avérer nécessaires », considère Cyril de Mont-Marin. « La monétisation d’actifs non stratégiques, qu’il soit question de pans d’activité ou de participations minoritaires, a vocation à s’accélérer dans ce contexte », ajoute Pierre Hudry.

Source : les echos

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