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Le début d’année chaotique du bitcoin et du marché des cryptos

Publié le 12 janv. 2021 à 16:22

Sous l’effet d’intenses achats spéculatifs, le marché des cryptos connaît un début d’année chaotique . Le bitcoin a gagné 23 % depuis le début de l’année, mais cette hausse est loin d’être linéaire. En moins de quinze jours, son cours a évolué entre 29.000 et 42.000 dollars. Mais, une fois n’est pas coutume, ce n’est plus le bitcoin qui mène la danse sur le marché des cryptos. En 2021, il est même plutôt à la traîne. Certes les cryptos n’ont pas encore dépassé leur précédent record de fin 2017-début 2018, mais les hausses sont impressionnantes. L’ether bénéficie tout particulièrement de cette spéculation. Il a progressé de 51 % depuis le début de l’année. L’indice Bloomberg Galaxy gagne déjà 35 % en 2021.

100.000 dollars en septembre

En dépit du développement de la taille du marché et de son institutionnalisation, « le bitcoin à 35.000 dollars est aussi volatil que quand il valait 3.500 ou 350 dollars », constate l’économiste John Paul Koning. En fin d’année, Pantera Capital, un des fonds spécialisés sur les cryptos, avait résumé le déséquilibre du marché : la demande est trois fois supérieure à l’offre de bitcoin, ce qui a provoqué des envolées spectaculaires et des sursauts de volatilité. La volatilité du bitcoin avait atteint son record en 2012, puis en 2017-2018. Après une accalmie durant la majeure partie de 2020, elle est repartie nettement à la hausse. La volatilité mensuelle du bitcoin a plus que doublé depuis début novembre.

Les volumes hebdomadaires qui évoluaient entre 10 et 30 milliards de dollars jusqu’en novembre dernier, ont atteint le niveau record de 91 milliards début janvier. Les marchés d’options évaluent déjà à une chance sur 10 la probabilité que le bitcoin dépasse 100.000 dollars en septembre.

Euphorie contagieuse

Le bitcoin représente plus des deux tiers du marché et donne généralement le ton pour l’ensemble des cryptos. Sa volatilité influence également celles de l’ether, du litecoin ou de Ripple, selon des travaux acadamiques . La nervosité, bonne ( euphorie ) ou mauvaise ( correction ), du marché est alimentée par l’évolution des humeurs de la plus médiatique des cryptos. Les accès de fièvre naissent la plupart du temps sur la plateforme Bitfinex, réputée pour sa forte communauté de spéculateurs intrépides. La volatilité du bitcoin se diffuse ensuite aux autres marchés et cryptos. Le marché des options sur le bitcoin se développe et pèse déjà plus d’une dizaine de milliards de dollars, essentiellement sur la plateforme Deribit. Cette volatilité attire les hedge funds qui ont gagné 223 % sur ce marché en 2020, selon Eurekahedge.

Exubérance irrationnelle

A 1.000 dollars en 2013 , le bitcoin était déjà l’actif le plus rentable et le plus volatil de toute la planète. A cette époque, Alan Greenspan, l’ancien gouverneur de la Réserve fédérale, ne lui prédisait aucun avenir. « C’est une bulle rien de plus », car il n’a « aucune valeur intrinsèque » et ne peut prétendre au statut de monnaie compte tenu de sa volatilité. C’est pourtant ce qu’il ambitionne depuis son origine.

Coup d’Etat monétaire

Les promoteurs du bitcoin, eux, rêvent du coup d’état monétaire qui permettrait de renverser le dollar. La devise anti-système et antigouvernementale en opposition à l’establishment politico-financier, a d’ailleurs gagné 5 % le 6 janvier, le jour de l’invasion du Congrès américain alors que le dollar est resté stable. Le chaos politique profite à celle qui ambitionne d’instaurer un nouveau système monétaire et de paiement alternatif hors de portée du gouvernement et de sa banque centrale. Un système qui redonnerait sa souveraineté au peuple, à entendre ses partisans. Le bitcoin profite des crises économiques et politiques « du monde ancien ». La leader des cryptomonnaies avait déjà bondi de 13 % le 18 décembre 2019 quand la Chambre des représentants avait voté la procédure de destitution de Donald Trump. Elle reste populaire dans les milieux survivalistes et complotistes qui la voient comme non pervertie par les élites.

Source : les echos

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