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Le FMI, ce mauvais pronostiqueur

Publié à l’origine sur la Bourse au quotidien.fr

Comme je l’ai déjà écrit dans mes lettres, l’art – ou plutôt l’exercice – du pronostic, déjà complexe en temps normal, est devenu quasi-impossible avec la crise sanitaire.

De son côté, mon confrère Guillaume Duhamel s’était fendu d’un article ici même il y a deux ans dans lequel il mettait en avant le fait que le FMI ne décèle que rarement les récessions. Il s’appuyait notamment sur un autre article, du Financial Times celui-ci, dans lequel l’auteur avait calculé le nombre de pays pour lesquels l’institution anticipait une récession depuis 1991 et l’avait ensuite comparé ce qu’il s’est réellement passé. Il se trouvait que chaque année depuis 27 ans en octobre, le FMI avait prédit que cinq économies en moyenne allaient entrer en récession au cours de l’année suivante. Or, ce ne sont pas cinq, mais… 26 pays qui, toujours en moyenne, ont connu cette situation.

Deux ans plus tard, voici que le Fonds se met à juste titre à évoquer un « retour de la croissance plus graduel qu’anticipé ». Il n’est cependant pas devenu un bon prévisionniste avec la pandémie de coronavirus, vectrice d’incertitudes multiples qui rendent les modélisations illusoires.

Les pays où le confinement a été moins long et sévère, comme les Etats-Unis, pourraient certes mieux s’en sortir que les autres, mais qu’adviendra-t-il de l’économie de l’Oncle Sam en cas de deuxième vague, alors que le nombre de contaminations est actuellement en forte augmentation dans certains Etats comme la Floride, l’Oklahoma et le Texas ? Le recul déjà considérable de 8% du PIB que vient d’annoncer le FMI pourra-t-il rester d’actualité ?

Le précédent de 2013
Dans un autre registre, les préconisations de l’institution sont assez basiques, comme le soutien aux pays les plus fragiles via la mise en place d’une aide financière et une coopération internationale renforcée.

Bref, même s’il ne faut pas non plus les négliger, les estimations du FMI sont à prendre avec des pincettes et je préfère pour ce qui me concerne (essayer d’)analyser les données macroéconomiques au quotidien, qui peuvent parfois être surprenantes. Ce fut ainsi le cas du PMI composite français, qui mesure l’activité dans l’industrie manufacturière et les services et est ressorti à 51,3 points ce mois-ci, au-dessus donc du seuil des 50 points qui sépare ralentissement et expansion.

Pour en revenir au FMI, j’ai encore en mémoire son mea culpa de 2013, le principal bailleur de fonds de la planète ayant à l’époque reconnu avoir sous-estimé les effets néfastes des cures d’austérité. D’aucuns se remémorent sans doute la mauvaise appréciation du fameux multiplicateur keynésien en particulier.

Dans la théorie habituelle, une baisse de 1% des dépenses publiques entraînait 0,5% de croissance en moins, soit un multiplicateur de 0,5… Sauf que dans les cas grecs et portugais, ce multiplicateur était largement supérieur à 1, voire se rapprochait des 1,5, d’où des effets négatifs énormes pour les pays, avec un plongeon de la demande intérieure deux à trois fois plus marqué qu’escompté.

Monumentale, cette erreur d’appréciation avait provoqué la ruine de nombreux ménages et la grogne de populations entières. Elle poursuit encore le FMI…

Source : investing

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