Crypto-monnaies

Le marché des « ICO » digère sa course aux records

«  HoweyCoins  » c’est la nouvelle opportunité à ne pas manquer en matière « d’initial coin offering » (ICO), les émissions de jetons, des actifs hybrides entre les devises et actions et qui donnent droit à l’utilisation de certains services. Seulement, c’est la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés, qui est à l’origine de cette fausse ICO afin de montrer comment il est facile d’émettre ces actifs et donc de tromper les investisseurs. Un avertissement à ceux qui seraient tentés par l’illusion de l’argent facile. Et ils sont encore nombreux.

En effet, l ‘engouement  pour les ICO s’est poursuivi au premier trimestre, et après une année 2017 exceptionnelle. En l’absence de régulation, les investisseurs ont mis en oeuvre leurs propres règles, systèmes alertes et méthodes d’analyse et de notation afin de ne pas perdre tout leur argent.

Moins exubérant que les « dotcom »

Le premier jour de sa cotation, le rendement d’un jeton varie de 6,8 % à 8,2 % mais pour un jeton sur deux le rendement est bien plus modeste, de 2,6 % à 3,4 % sur la période qui va d’août 2015 au mois d’avril dernier (1). Pour 40 % à 45 % des projets, le premier jour de cotation est déjà dans le rouge. Souvent comparés aux introductions en Bourse, « IPO » lors de la bulle internet, les « ICO » sont bien  moins exubérantes puisque le rendement des premières avoisinait les 40 % pour leur premier jour à Wall Street. Si les cours de certains jetons progressent autant les premiers jours de cotations, c’est qu’ils ont été émis à des cours systématiquement sous-évalués. Cela permet d’attirer des investisseurs, faire grimper le cours du jeton et créer de la liquidité. Le premier jour de cotation devient un point de référence pour les marchés, qui conditionnent leur opinion sur le projet. Les ICO distribuent en moyenne 60 % de leurs jetons, le reste demeurant aux mains du management de la société. Plus ce dernier conserve une part importante des jetons, plus il affiche sa confiance dans le succès du projet.

Inégalité des levées de fonds

En termes de levée de capitaux, les projets collectent  15 millions de dollars , et un sur deux moins de 5,8 millions. Les montants ont augmenté au cours du temps, de 13.000,00 dollars par jour en moyenne, reflétant le  changement de dimension du marché et l’arrivée continue de  nouveaux investisseurs et émetteurs.  Quelques grosses « ICO » animent le marché, telles au premier trimestre, EOS (2,5 milliards de dollars), Telegram (1,7 milliard), Huobi (300 millions).

La voix des marchés

Les recommandations des analystes sur les ICO de la plateforme « ICObench », apportent de la valeur ajoutée. Elles estiment le profil de risque de l’ICO, la vision du projet, la qualité du management. Plus la note de cette dernière est forte, plus le cours progresse lors de l’introduction du jeton. En revanche, les projets qui se veulent « visionnaires » et plus ambitieux que les autres ont plus de chances d’échouer. Globalement, près d’une ICO sur deux réalisée en 2017 avait échoué l’année suivante, et la tâche des analystes est d’éviter ces nombreux écueils.

Eléments perturbateurs

Quand l’humeur du marché des devises cryptographiques est bonne (hausse du bitcoin), les ICO lèvent davantage d’argent, et la bonne tenue de la leader des devises 2.0 a ainsi  un effet d’entraînement sur le développement du marché des jetons. A l’inverse des événements (fin de la publicité pour les ICO sur Facebook…) pénalisent parfois le marché. Ce fut notamment le cas lors du « braquage » de « Parity wallet ». Une vulnérabilité de ce portefeuille d’Ethers (la monnaie d’Ethereum) a été exploitée et aboutit à la perte de près de 300 millions de dollars. A la suite de cet événement, les investisseurs furent bien plus méfiants et les ICO enregistrèrent un repli de 8,7 % de leur cours pour leur première cotation. Les interdictions des ICO par la Chine et Corée du SUD ont aussi eu un impact défavorable sur le cours des jetons mais il fut trois fois moins important que l’affaire « Parity wallet » : le cours d’introduction a été réduit à près de 2 % après ces interdictions mais est demeuré positif.

Délais

En moyenne, il s’écoule près de 600 jours entre l’initiation d’un projet et son ICO. Pour près d’un projet sur deux c’est moitié moins. Une fois que l’introduction est réalisée, il s’écoule près de trois mois avant que le jeton ne soit coté sur une plateforme. Les critères pour être négociés sur les plateformes (Poloniex, Bittrex…) varient selon les marchés qui exigent plus moins d’informations de la part des sociétés à l’origine des projets. Plus l’ICO traîne en longueur moins elle lèvera des capitaux, les marchés jugeant que ce délai est un mauvais signe pour le projet.

Augures favorables

Parmi les  bons signes pour le succès de l’ICO (montant levé et jeton négocié de manière active sur les plateformes) figurent en bonne place la taille et qualité de son équipe dirigeante. Le fait qu’elle livre, de manière transparente, son code informatique, sa valeur ajoutée, sur la plateforme Github, ce que fait une ICO sur deux, permet aux investisseurs de vérifier que la société apporte quelque chose de nouveau. De même, plus son document de travail, « whitepaper », est long, plus le business plan est jugé crédible et solide. Le fait que management communique régulièrement sur la messagerie Telegram est apprécié des investisseurs.

Les pré-ICO

Près d’un projet sur deux, conduit une pré-ICO, une procédure qui précède l’ICO proprement dite et 40 % des ICO offrent des systèmes de bonus et incitations aux investisseurs comme une décote sur le cours s’ils acquièrent un certain nombre de jetons.

A cette occasion, des jetons sont proposés avec une décote à certains investisseurs (hedge funds…), ce qui permet de payer les frais (marketing, avocats…) de l’ICO, tout en sondant l’appétit des investisseurs. Seulement, les marchés peuvent estimer que les entrepreneurs qui ont recours aux pré-ico ne sont pas très sûrs de la réussite de leur projet. Accorder un traitement préférentiel à certains investisseurs grâce à une décote fait aussi courir le risque qu’ils cèdent très vite leurs jetons pour empocher des profits rapides.

(1) « Initial coin offerings », Paul Momtaz, UCLA Anderson School of management(2) ‘Are Blockchain crowdsales the new ‘Gold Rush’ ? Success determinants of initial coin offerings’, Ryan Amsden, Denis Schweizer

Source : les echos

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