Placement

Le matelas de cash des Français a explosé pendant le confinement

Avec le boom de l’épargne, les banques nagent dans le cash. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les Français ont brutalement freiné leur consommation et amassé des stocks d’argent sur leurs comptes bancaires. Résultat : les banques se retrouvent avec un matelas de liquidité bon marché et abondant.

« Du point de vue de l’analyse crédit, un afflux de dépôts gonfle la liquidité, mais il faut savoir comment l’utiliser, car actuellement cet argent coûte compte tenu de la politique de la BCE », déclare Pierre Gautier, responsable analytique banque pour l’Europe de l’Ouest, chez S & P Global. Une partie subit en effet les taux négatifs de la Banque centrale européenne (BCE).

Les chiffres publiés ces derniers jours ont de quoi donner le tournis. Au sein de BPCE, qui regroupe les Banques populaires et les Caisses d’épargne, les dépôts à vue ont augmenté de près de 28 % au deuxième trimestre sur un an. Dans les caisses régionales du Crédit Agricole, la hausse a dépassé 25 %.

Les réseaux commerciaux ne sont pas en reste. Chez BNP Paribas, les dépôts à vue ont bondi de près de 27 % en France, à 148 milliards d’euros, tandis que les comptes d’épargne n’ont progressé que de 3,4 %, à près de 64 milliards. La hausse des dépôts à vue dépasse 18 % chez Société Générale, à 132 milliards.

Effet de la crise

« Depuis vingt ans, à chaque crise, les ménages augmentent leurs dépôts bancaires, constate l’économiste Philippe Crevel dans la Lettre de l’épargne, pour qui le phénomène devrait durer . L’aversion au risque et la crainte d’une crise économique profonde alimentent ce type de comportement ».

Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est macroéconomique. Si les entreprises et les ménages conservent cette épargne au lieu de consommer ou d’investir, la reprise pourrait être en danger. Mais pour les banques, cette abondance de liquidités en période de crise est d’abord une bonne nouvelle.

« C’est une ressource très intéressante pour les banques car elle est peu coûteuse et relativement stable », juge Laurent Quignon, responsable de l’équipe économie bancaire chez BNP Paribas. Grâce à ces ressources, les banques financent l’économie à moyen et long terme à un coût attractif, de son point de vue.

Vase communicant

« C’est une sorte de vase communicant, explique-t-il. D’un côté, la contraction de la consommation a été extrêmement préjudiciable à certaines entreprises. De l’autre, la hausse exceptionnelle des dépôts qui en a découlé a permis aux banques de financer le prêt garanti par l’Etat (PGE) et de soutenir la trésorerie de ces entreprises ».

Pour autant, le rythme de la hausse des dépôts dépasse nettement celui de la hausse des crédits, qui a profité des PGE puis d’une reprise des crédits à l’habitat après un arrêt brutal fin mars. Chez Crédit Agricole, les encours de crédits progressent de 8,4 % au deuxième trimestre tandis que la collecte progresse de 11,1 %.

Pour les banques, tout l’enjeu des prochains mois sera de canaliser cet excès d’épargne vers des supports qui leur rapportent plus, ou leur coûtent moins, comme les assurance-vie en unités de compte, par exemple.

Source : les echos

Autres articles à lire

Le nouveau directeur de l’Autorité bancaire européenne veut lui rendre son lustre

administrateur

Jackson Hole : les marchés attendent des annonces fortes de la part de la Fed

administrateur

Aux Etats-Unis, la lente intégration des Afro-Américains dans les conseils d’administration

administrateur

Les Français ont placé 5 milliards d’euros sur leur Livret A en mai

administrateur

Le juge de l’AMF condamne le fonds activiste Elliott à payer 20 millions d’euros 

administrateur

Américains et Européens se jettent dans la bataille des normes ESG

administrateur