Placement

Le mouvement « Buy Black » fait des étincelles à Wall Street

Le mouvement « Black Lives Matter » fait aussi des émules jusque dans l’industrie financière. Après l’assassinat de George Floyd par la police américaine, le mouvement en faveur des Afro-américains s’est notamment traduit par un appel à « acheter noir » (« buying black »), en privilégiant les entreprises engagées en faveur de la cause noire, ou simplement détenues par une personne noire. Ciblant d’abord les cafés, restaurants et autres petits commerces, l’appel a fini par gagner Wall Street où plusieurs sociétés connues pour leur engagement en faveur de la communauté afro-américaine ont été prises d’assaut par les investisseurs.

C’est notamment le cas de Carver Bank qui a vu son titre littéralement exploser de plus de 850 % sur la seule journée de mercredi. Après correction, le titre enregistre une hausse de 513 % sur la semaine, passant de 2,12 dollars à un peu plus de 12. La banque se présente comme la plus importante banque cotée tenue par des Afro-Américains et affirme que les trois quarts de ses prêts sont réalisés auprès de foyers à faibles revenus et que 80 % de l’argent déposé par ses clients est réinvesti dans la communauté afro-américaine.

L’entreprise de média Urban One, qui dit « représenter l’Amérique noire depuis plus de 30 ans », a également profité du phénomène avec une hausse 150 % de son titre en Bourse, passé de moins de 1 dollar à plus de 4. Sa patronne, Catherine Hughes, a été la première femme afro-américaine à diriger une société cotée en Bourse aux Etats-Unis. Plusieurs autres sociétés comme la banque Lowe’s ou l’entreprise de location de matériel hospitalier American Shared Hospital Services ont également reçu le soutien de nombreux investisseurs, rapporte la presse américaine .

« Jour de la liberté »

Ces fortes variations, qui ont même poussé le Nasdaq à interrompre temporairement les échanges sur certains titres jeudi et vendredi, illustrent l’ampleur du mouvement de protestations, qui a connu un regain d’intérêt la semaine passée, à l’occasion du « jour de liberté » (« Juneteeth »). Le 19 juin marque en effet la fin de l’esclavage dans l’Etat du Texas, et plus globalement aux Etats-Unis.

Mais le phénomène a été renforcé par l’arrivée massive de nouveaux traders en herbe grâce notamment à la plateforme Robinhood. Cette start-up, qui permet d’effectuer des opérations de trading sans avoir à payer de commission, a vu son activité décuplée pendant le confinement. Or, selon Robintrack.net, un service de surveillance en ligne, les actions de classe A et de classe D d’Urban One sont les deux actions ayant connu la plus forte hausse de popularité dans les comptes Robinhood la veille du «Juneteeth». Au début du mois de juin, le site a également enregistré un pic pour Carver bank. Pour les deux sociétés, les volumes d’échanges ont été, la semaine dernière, plus de 100 fois supérieurs à ceux enregistrés en moyenne ces trois derniers mois.

Source : les echos

Autres articles à lire

Dans les agences bancaires, prière de venir sur RV avec son masque et son stylo

administrateur

Wall Street n’avait pas connu un trimestre aussi flamboyant depuis 1998

administrateur

Les spéculateurs du bitcoin et cryptos dans la tempête du coronavirus

administrateur

Les conditions de crédit se sont durcies depuis le début de l’année en Europe

administrateur

Les Etats-Unis enquêtent sur des délits d’initié sur le pétrole

administrateur

Le soupçon de la fraude pèse sur les entreprises chinoises cotées à Wall Street

administrateur