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le plan du gouvernement pour inciter les Français à épargner

Dans le cadre de sa future loi Pacte, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire confirme son intention de rendre l’épargne retraite plus flexible et plus attractive fiscalement et d’encourager les entreprises à verser plus d’intéressement à leurs salariés.

Bruno Le Maire a deux objectifs clairs: «permettre aux Français de mieux se préparer à la retraite» et «mieux financer l’économie». Dans un entretien au Parisien-Aujourd’hui en France ce jeudi, le ministre de l’Économie détaille les leviers que le gouvernement compte actionner pour les atteindre. Ils figureront dans la loi Pacte pour la croissance et la transformation des entreprises dont la présentation en Conseil des ministres est prévue dans les prochains jours.

Le ministre va notamment tenter de rendre plus attractive l’épargne retraite, délaissée par les Français au profit, notamment, de l’assurance-vie. «Actuellement, l’épargne retraite compte à peine 200 milliards d’euros d’encours, contre près de 2100 milliards pour le livret A et l’assurance vie. Ce n’est pas suffisant», explique le ministre. Pour y remédier, la loi Pacte prévoit plusieurs changements majeurs. La portabilité des quatre dispositifs actuels (le Madelin, le Perp, le Perco et l’article 83), plusieurs fois évoquée, sera bien mise en place. «Contrairement à aujourd’hui, lorsque vous changerez d’entreprise ou de métier, votre compte d’épargne retraite vous accompagnera», précise Bruno Le Maire. Autre changement: en cas de décès, le conjoint pourra systématiquement bénéficier d’une option de réversion alors que cela était jusqu’ici limité à certains contrats.

Sortir son épargne en une seule fois

Enfin, dernière modification majeure: le gouvernement va généraliser la possibilité de retirer en une fois les sommes placées sur les produits d’épargne retraite. Pour rappel, les différents produits existants aujourd’hui permettent au particulier d’accumuler un pécule qui ne pourra lui être distribué qu’à la fin de sa vie active afin de compléter la pension versée par le système de retraite par répartition. Une fois à la retraite, ce dernier se voit donc verser une rente (un revenu régulier jusqu’à son décès). La loi Pacte va cette fois offrir la possibilité à l’épargnant une sortie en capital, c’est-à-dire la possibilité de récupérer en une fois l’épargne accumulée. «Cela permettra notamment aux titulaires de tous les produits de retirer leur épargne pour investir dans l’achat de leur résidence principale, parce que l’achat de la résidence principale est aussi une manière de préparer sa retraite», a expliqué Bruno Le Maire, lors d’un discours aux assises de l’Association française d’épargne et de retraite (Afer), ce jeudi. «En un mot, notre proposition est simple: vous décidez de verser volontairement votre argent dans un produit bloqué jusqu’à la retraite, je vous apporte un avantage fiscal pour encourager cette épargne volontaire et vous laisse décider comment vous retirez ces sommes le jour venu», a résumé le ministre.

Cette décision est applaudie par l’Afer. «Les épargnants auront le choix entre une sortie en rente ou une sortie en capital. Ils vont donc pouvoir recouvrer une vraie liberté, car la rente n’est pas toujours la meilleure solution», explique Gérard Bekerman, le président de l’Afer, dans un entretien aux Echos ce jeudi.

» LIRE AUSSI – Où va l’épargne des Français?

En revanche, cette option ne ravit pas le secteur de l’assurance, dont le système de rentes constitue une chasse gardée. Il dénonçait depuis plusieurs semaines le lobbying des gestionnaires d’actifs qui, avec ce système, prendraient pied dans l’épargne retraite. Mais le gouvernement a fait son choix.

«Chacun sera libre de sortir le fruit de son épargne volontaire»

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie

Le ministre de l’Économie annonce par ailleurs que tous les dispositifs d’épargne retraite bénéficieront «d’une fiscalité attractive». Et de citer un exemple: «pour chaque versement volontaire effectué par l’épargnant, il aura le droit à une déduction fiscale. Si vous versez 1000 euros sur votre compte épargne retraite, quel qu’il soit, vous pourrez déduire ce montant de votre revenu imposable. Cette déduction se fera dans la limite des plafonds existants. Et si vous choisissez de sortir en rente, ce sera fiscalement avantageux», explique-t-il. Garantir l’attractivité fiscale était selon plusieurs spécialistes une mesure incontournable de cette réforme de l’épargne. «La défiscalisation est un critère bien souvent déterminant pour l’épargnant», confiait récemment au Figaro Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF).

Doper les contrats euro-croissance

Avec toutes ces mesures, Bruno Le Maire espère porter l’encours de l’épargne retraite à 300 milliards d’euros d’ici la fin du quinquennat. Le ministre de l’Économie souhaite aussi pousser les Français à souscrire des contrats euro-croissance. Il s’agit de placements d’assurance-vie intermédiaires entre les unités de comptes (plus risqués car placés principalement en actions) et le contrat en euros. «Ce sont des produits qui servent à financer nos entreprises. Ils ont certes un niveau de risque plus élevé mais bénéficient aussi d’un rendement plus avantageux», explique-t-il. Pour cela, le gouvernement compte sur les assureurs qui auront pour mission de rendre ces contrats plus simples, avec «un rendement unifié et lisible pour tous les épargnants». Bruno Le Maire espère multiplier par 10 les encours de ce fonds et passer de 2 à 20 milliards d’euros d’ici 2 ans. «Cette réforme fera de l’euro-croissance un support de référence dans l’offre d’assurance-vie pour tous ceux qui veulent une épargne plus dynamique sans sacrifier à la sécurité», affirme-t-il.

L’Afer se montre, encore une fois, satisfaite: «C’est un bon produit qui répond au souci des épargnants d’avoir à la fois une garantie du capital à long terme et un possible surcroît de performance grâce à une poche de diversification permettant d’aller saisir des opportunités boursières», explique son président ce jeudi.

Meilleur partage des bénéfices

Bruno Le Maire confirme enfin l’annonce faite par Emmanuel Macron le mois dernier de la suppression du forfait social sur l’intéressement pour toutes les entreprises de moins de 250 salariés et sur la participation pour celles jusqu’à 50 salariés. «Actuellement, les 20% de forfait social sont trop élevés. L’idée c’est que, demain, un employeur partage ses bénéfices s’il ne le fait pas déjà, voire verse davantage à ses salariés», explique Bruno Le Maire. Le coût de cette mesure est estimé par Bercy à 440 millions d’euros.

Avec sa loi Pacte, le ministre de l’Economie espère faire d’une pierre deux coups: inciter les Français à choisir des placements un peu plus risqués mais aux rendements plus importants tout en augmentant les fonds disponibles pour le financement des entreprises et notamment des PME. «Au cœur de ce projet de loi, il y a un objectif cardinal: mieux valoriser l’épargne des Français. Je veux tout faire pour que les épargnants tirent davantage profit du regain de dynamisme de notre économie. C’est à cette condition que nos compatriotes se réconcilieront avec une épargne plus longue, davantage investie dans nos entreprises», a assuré Bruno Le Maire.

Source : le figaro

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