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Les 100 premiers jours de Joe Biden, une période à risque pour les marchés

Publié le 21 janv. 2021 à 12:02

Joe Biden saura-t-il séduire les marchés ? Le 46è président des Etats-Unis a hérité d’un pays en proie aux divisions, englué dans une crise sanitaire sans précédent et d’un taux de chômage au plus haut depuis 2013. Même si Wall Street est au plus haut, les professionnels de marché, y compris les plus optimistes, commencent être pris de vertige devant les valorisations des actions américaines.

A en juger par le passé, le nouveau président pourrait bénéficier d’une période de grâce. « Généralement, les premiers pas d’une nouvelle administration sont marqués par un élan réformateur, un contexte plutôt porteur pour les marchés », rappelle Christian Parisot d’Aurel BGC. Depuis 1948, que le vainqueur soit démocrate ou républicain, les marchés ont grimpé d’environ 3 % en moyenne les six mois suivant l’élection présidentielle.

Contexte unique

Difficile toutefois d’en tirer une règle générale. Les trois derniers présidents américains ont connu des débuts très différents. Si Donald Trump et Barack Obama ont bénéficié d’une embellie sur les marchés durant leurs premiers mois de mandats, ce ne fut pas le cas de George W. Bush.

Donald Trump a été élu alors que l’économie américaine se portait déjà bien. Léger sur les réformes d’ampleur au cours de ses 100 premiers jours , il a en revanche été très vocal sur ses ambitions de déréglementation et de baisse de la fiscalité. De quoi faire rêver Wall Street. Le S & P 500 avait grimpé de 5 % durant les 100 premiers jours de son mandat, une belle performance que n’a pas manqué de mettre régulièrement en avant l’ancien président sur Twitter.

La situation économique actuelle se rapproche davantage des débuts du mandat de Barack Obama, dont Joe Biden fut le vice-président pendant huit ans. Tous deux sont entrés à la Maison-Blanche dans la foulée d’une crise majeure, avec des ambitions élevées en termes de relance économique. Obama a fait voter dès février 2009 un plan de plus de 800 milliards de dollars , ce qui était alors le plus grand effort budgétaire de l’histoire des Etats-Unis.

Le secteur automobile a rapidement retrouvé des couleurs en Bourse, doublant quasiment durant les premiers mois de l’administration Obama. Le S & P 500 dans son ensemble a rebondi de 8,5 % au cours de la période. Un prélude à la hausse de près de 75 % du S & P 500 durant son premier mandat.

Marchés en pleine euphorie

Mais Barack Obama a bénéficié d’un contexte porteur en Bourse. Déstabilisés par les répercussions de la faillite retentissante de Lehman Brothers en septembre 2008, les marchés américains étaient tombés au plus bas peu après son investiture avant de rebondir fortement. Joe Biden a hérité quant à lui de marchés en pleine euphorie, bien plus vulnérables à une correction.

Entre son élection début novembre et son investiture mercredi, le principal indice boursier américain, le S & P 500, a grimpé de près de 13 %, sa meilleure performance historique après Herbert Hoover en 1928. Un autre point commun rapproche les deux périodes : les marchés sont au plus haut . Quelques mois après l’arrivée de Hoover, le krach de 1929 ébranlait la finance mondiale, donnant le coup d’envoi à la grande dépression.

Sans aller jusque-là, les valorisations vertigineuses atteintes par le secteur technologique rappellent à certains professionnels le début des années 2000. A l’époque, George W. Bush a dû gérer le contrecoup de l’éclatement de la bulle Internet peu après son arrivée à la Maison-Blanche. Le S & P 500 a cédé près de 7 % au cours de ses cent premiers jours, en dépit de l’annonce d’une réforme fiscale visant à réduire les impôts des Américains de plus de 1.300 milliards de dollars par an.

Cette année, les investisseurs comptent sur le plan de relance de 1.900 milliards de dollars récemment dévoilé par Joe Biden pour alimenter la hausse de la Bourse. « Le marché risque de s’impatienter si les négociations au Congrès devaient s’enliser », met en garde Christian Parisot. Un danger d’autant plus grand que Joe Biden dispose d’une majorité étriquée au Congrès et que la perspective du procès pour « impeachment » de Donald Trump a de bonnes chances d’y accentuer les divisions.

Source : les echos

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