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Les assureurs européens impatients de verser des dividendes l’an prochain

Publié le 12 nov. 2020 à 18:31

De grands assureurs européens se montrent désireux de rémunérer leurs actionnaires l’an prochain. Dernier exemple en date : Generali s’est dit prêt, jeudi, à verser un dividende en 2021 après avoir dû renoncer à le distribuer en totalité cette année, sous la pression des superviseurs inquiets de l’impact de la crise du Covid-19 sur le secteur.

« Sous réserve d’une position favorable du régulateur, le groupe a l’intention d’obtenir l’approbation de ses actionnaires pour la distribution de la seconde tranche du dividende 2019 », a indiqué l’assureur italien à l’occasion de la présentation de ses résultats trimestriels. Arguant de sa robustesse financière en septembre (avec un ratio de solvabilité de 203 %), le groupe, qui évalue l’impact de la pandémie à 125 millions d’euros sur son résultat opérationnel, maintient par ailleurs ses objectifs de rémunération des actionnaires pour la période 2019-2021.

Prudence des superviseurs européens

Generali dit avoir renoncé à distribuer cette année la deuxième tranche de son dividende 2019 en réponse à une lettre du régulateur italien des assurances (Ivass) de novembre. Celui-ci se faisait l’écho d’une recommandation du Comité européen du risque systémique (ESRB) de juin, préconisant aux banques comme aux assureurs de ne pas verser de dividende ni de faire des rachats d’actions, « au moins » jusqu’au 1er janvier 2021.

Comme dans le secteur bancaire, Generali n’est pas le seul groupe à laisser espérer aux actionnaires une rémunération l’an prochain et à préparer un bras de fer avec les autorités européennes. « Si on regarde la profitabilité, la solvabilité et la liquidité du groupe, il n’y a aucun problème pour distribuer un dividende l’année prochaine », a ainsi déclaré début novembre, Etienne Bouas-Laurent, le directeur financier d’AXA. L’assureur français a coupé son dividende en deux avant de renoncer, cet été, à un versement en fin d’année .

Des assureurs en ordre dispersé

La semaine dernière, le réassureur français SCOR s’est lui aussi montré désireux de pouvoir gratifier ses actionnaires. Son patron Denis Kessler a expliqué qu’il avait été « rageant » de devoir renoncer au dividende 2019 suite aux demandes du régulateur français, quand d’autres acteurs du secteur n’avaient pas eu à le faire. Allianz et Munich Re (auxquels le Covid a coûté respectivement 1,3 milliard et 2,3 milliards d’euros sur les 9 premiers mois) ont ainsi rémunéré leurs actionnaires malgré l’appel à la modération du superviseur européen de l’assurance (l’Eiopa) .

Ces politiques différentes ont mis en lumière le fait que la supervision du secteur de l’assurance en Europe n’est pas aussi intégrée que pour les grandes banques, directement surveillées par la Banque centrale européenne (BCE) et pour qui la suspension des dividendes s’est imposée. La crise ne pèse pas de la même façon sur les banques et les assureurs, et ces derniers sont nombreux à se montrer confiants pour l’avenir.

Axa se dit ainsi mieux armé qu’au printemps face à la crise, car des sinistres sont derrière eux et les prix de l’assurance d’entreprises sont en hausse. Les superviseurs des deux secteurs devraient cependant attendre d’y voir plus clair sur la situation macroéconomique à la fin de l’année pour se prononcer. Le patron de la supervision bancaire à la BCE a indiqué récemment qu’il n’y aurait pas de décision avant le 10 décembre.

Source : les echos

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