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Les assureurs profitent de marchés favorables pour renforcer leurs fonds propres

Les assureurs européens renforcent leur matelas de sécurité. Nombre d’entre eux, y compris des Français, ont levé de la dette hybride au cours de ces dernières semaines. Facilitées par les bonnes conditions de marché, ces opérations leur permettent de conforter leurs fonds propres et préparer l’avenir à l’heure où le covid-19 brouille les perspectives.

« Nous avons pris de l’avance sur notre programme de refinancement en profitant d’une fenêtre de tir qui était très intéressante », explique Jean-Philippe Médecin, directeur compte propre et financement chez CNP Assurances. Le groupe tricolore a levé il y a quelques jours pour 750 millions d’euros de titres de dette subordonnée (Tier 2), à un taux qualifié d’« optimum » (2,50 %).

Incertitudes économiques et géopolitiques

Le poids lourd de l’assurance-vie emboîtait ainsi le pas au français La Mondiale (groupe AG2R La Mondiale) mais aussi à des acteurs européens tels que Zurich Insurance, Swiss Re ou encore Aviva, qui ont sollicité les investisseurs entre la fin du mois de mai et la fin du mois de juin. Ces assureurs ont profité d’une prime de risque demandée par les investisseurs (spreads) beaucoup plus faible qu’en début d’année, quand la pandémie de coronavirus avait provoqué de fortes turbulences financières.

Si les émissions des assureurs réalisées à ce jour sont pour la plupart « opportunistes », selon Standard and Poor’s, elles peuvent aussi traduire un besoin d’anticipation. « Il y a des incertitudes sur le second semestre, à la fois du côté économique et géopolitique », justifie ainsi Jean-Philippe Médecin, chez CNP Assurances. Les marchés pourraient réagir aux tensions sino-américaines, à l’élection présidentielle aux Etats-Unis, au cours du pétrole etc. Ils risquent surtout de se tendre de nouveau au fur et à mesure que se précise l’impact de la pandémie de covid-19 sur les entreprises.

Des marges de manoeuvre pour le futur

Autant de menaces pour les assureurs, dont les portefeuilles d’investissements sont sensibles aux évolutions de marché, mais aussi aux dégradations des notations d’entreprises . Déjà, les secousses financières du début d’année les ont mis sous pression et dégradé, à la fin du premier trimestre, leur ratio de solvabilité, un indicateur très suivi par les professionnels bien que réputé volatil. Le gendarme des assurances français juge que le secteur est bien capitalisé mais il a relevé une baisse du ratio de solvabilité de 20 à 30 points des acteurs de la place à la fin du mois de mars 2020. 

« Nous n’avons pas fait cette opération pour revenir à notre niveau de solvabilité de la fin de l’an dernier mais pour nous dégager des marges de manoeuvre pour le futur, sachant que la crise n’est pas terminée », insiste cependant David Simon, directeur général délégué d’AG2R La Mondiale, au sujet de son émission récente de 500 millions d’euros de dette Tier 2. L’opération été réalisée « au plus bas taux jamais obtenu » pour La Mondiale (2,12 %).

« Pour la plupart des assureurs européens, les ratios de solvabilité même après la baisse provoquée par la crise du début d’année, sont restés dans la zone qu’ils jugent être leur zone de confort », confirme Benjamin Serra, analyste chez Moody’s.Le choc a été d’autant mieux encaissé en France que les assureurs ont pu en fin d’année dernière augmenter leur ratio de solvabilité en intégrant certaines réserves (PPB) dans son calcul.

Source : les echos

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