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Les banques américaines ont engrangé plus de 80 milliards de dollars de profit en 2020

Publié le 20 janv. 2021 à 18:13Mis à jour le 20 janv. 2021 à 18:32

Le contraste est saisissant. Comme les autres pays, les Etats-Unis ont connu une récession historique en 2020 suite à la pandémie de Covid-19, mais leurs six grandes banques ont amassé des profits cumulés de plus de 80 milliards de dollars, bénéficiant à plein de leur leadership mondial dans le trading ou la banque d’affaires.

Jeudi, Morgan Stanley a ainsi fermé le bal des présentations de résultats annuels avec un bénéfice net de 11 milliards de dollars, en hausse de 22 % par rapport à 2019. Sur le quatrième trimestre uniquement, la banque a même vu ses profits bondir de 57 %, à 3,27 milliards de dollars.

« La société a réalisé un très bon trimestre et des résultats annuels records, avec d’excellentes performances dans les trois secteurs d’activité et dans les différentes zones géographiques, s’est félicité James Gorman, PDG de Morgan Stanley. Nous entrons dans l’année 2021 avec un élan significatif ».

Bourse galvanisée

La performance du groupe résonne avec celles de sa rivale Goldman Sachs et, dans une moindre mesure, avec celles des autres géants de Wall Street , qui ont largement effacé durant la seconde partie de l’année le choc de la crise et récupéré une partie des provisions records passées au premier semestre pour couvrir de futurs impayés.

Au total, JPMorgan , Bank of America Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Wells Fargo ont ainsi engrangé des bénéfices de 81,6 milliards de dollars en 2020. Ceci représente certes une baisse de 32 % par rapport à 2019, mais le déclenchement de la crise et son impact sur les comptes des banques américaines au premier semestre laissaient craindre une année noire.

A l’origine du rebond : une Bourse galvanisée depuis l’automne par les perspectives de sortie de crise liées aux futures campagnes de vaccination et le soutien massif de la Réserve fédérale. De quoi faire oublier la déflagration de mars et avril et entraîner dans son sillage un boom du trading, des introductions en Bourse et du M & A.

Contraste avec les banques européennes

Quelles que soient les opérations, on retrouve quasiment à chaque fois les stars de Wall Street comme conseillers. Témoin, l’acquisition du britannique IHS Markit par S & P Global pour 43 milliards de dollars, accompagnée notamment par Morgan Stanley, Jefferies, JPMorgan, Goldman Sachs et Citi.

Cette domination des grandes banques américaines, qui s’apprêtent à racheter pour 10 milliards de dollars d’actions au premier trimestre 2021, ne cesse de saper le moral de leurs concurrents européens, auxquels la Banque centrale européenne a recommandé de ne pas distribuer de dividendes avant septembre.

« Le système américain a su faire les bonnes opérations de consolidation et la bonne réglementation après la crise financière, grince un banquier français. Ils en ont profité pour construire des plateformes ultra-rentables quand les Européens sont encore en train de traiter les dossiers de la crise, comme Monte dei Paschi en Italie. »

Et Wall Street continue à avancer ses pions, comme Morgan Stanley qui a mis la main sur le courtier en ligne E-Trade pour 13 milliards de dollars l’an dernier. Tout n’est pas rose pour autant. Citigroup a ainsi vu ses revenus et son bénéfice reculer au quatrième trimestre et Wells Fargo a été impacté par ses activités de banques de détail.

Enfin, les incertitudes demeurent, même si l’élection de Joe Biden clarifie la situation politique. « Nous avons eu une année extraordinaire, a prévenu cette semaine le directeur financier de Citi, Mark Mason. L’industrie a vu une belle croissance sur les marchés, mais à un moment donné, cela doit se normaliser. »

Source : les echos

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