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Les banques européennes commencent à tirer les fruits de leurs restructurations

Temps agité pour les banques européennes. Au sein du secteur de la finance, le premier trimestre n’a rien eu d’une promenade de santé, même si certains acteurs ont très bien tiré leur épingle du jeu. Nerveux, les investisseurs n’ont pas hésité à sanctionner les mauvaises surprises. Entre l’Italie qui rassure, la France qui assure, et l’Europe du Nord qui déçoit, retour sur un début d’année mouvementé.

1. L’environnement de taux se complique…

L’équation se corse pour les banques européennes : ces dernières vivent toujours à l’heure d’un environnement de taux très faibles, suscité par la politique monétaire de la BCE qui rend les activités de prêts moins rentables.  Mais outre-Atlantique , la Fed a au contraire commencé à relever ses taux. Toutes choses égales par ailleurs, l’Europe a pris deux à trois ans de retard sur les Etats-Unis en matière de politique monétaire.

Dans ce contexte, certaines banques d’investissement ont particulièrement souffert, comme celle de Deutsche Bank ou encore de  Société Générale . Les raisons sont diverses. Pour certaines, très implantées aux Etats-Unis, c’est l’affaiblissement du dollar face à l’euro qui a pesé, pour d’autres c’est leur faible implantation aux Etats-Unis où la volatilité a fait son retour qui a joué en leur défaveur.

2… mais la conjoncture économique reste porteuse

Le maintien de  la croissance en zone euro a toutefois permis aux banques européennes de bien résister : la demande de nouveaux crédits est restée soutenue, tant du côté des entreprises que des particuliers. Les banques françaises en ont particulièrement profité. De même, cette conjoncture rend plus fluide la réduction des risques dans les portefeuilles bancaires, une évolution particulièrement favorable au secteur bancaire italien. Ce dernier a ainsi plus facilement cédé ses portefeuilles de créances douteuses.

Cette bonne météo de la zone euro a un goût de revanche pour les banques espagnoles, comme BBVA ou Santander : cette dernière a vu ses résultats du trimestre tirés par l’Espagne et son bénéfice net progresser de 10 %, à 2 milliards d’euros… même si ses performances ont aussi été freinées par le Royaume-Uni, englué dans le Brexit. Au passage, les petites banques britanniques, peu diversifiées (comme TSB, Metrobank…) ont plutôt souffert. Les poids lourds du secteur (RBS, Lloyd’s et HSBC) aux reins plus solides, ont fait meilleure figure.

3. Certains établissements commencent à tirer les fruits de leurs restructurations

En Italie, la mue des établissements bancaires est particulièrement sensible.  La première banque du pays , UniCredit qui a engagé sa transformation l’an dernier sous la houlette de Jean-Pierre Mustier a ainsi engrangé ses meilleurs résultats trimestriels depuis 2007, soit un bénéfice de 1,1 milliard d’euros, en hausse de 22,6 %, signe que sa cure d’amaigrissement commence à porter ses fruits. En pleine transformation, Intesa a aussi affiché son meilleur trimestre en 10 ans. Profitant de la baisse de ses dépréciations d’actifs, Monte dei Paschi a par ailleurs fait repasser ses comptes trimestriels dans le vert.

L’horizon pourrait toutefois s’assombrir pour les banques italiennes : ces derniers jours la perspective de l’arrivée d’un gouvernement populiste a fait plonger leur cours à la Bourse de Milan. En Europe globalement, le travail de restructuration des banques est loin d’être achevé. En France, les établissements n’ont pas encore tiré tous les bénéfices de leurs transformations digitales. Celles-ci impliquent pour l’instant de lourds investissements : au premier trimestre, Société Générale affiche ainsi une hausse de 1,8 % de ses frais de gestion. La première banque allemande, Deutsche Bank vient par ailleurs seulement d’acter son repli stratégique sur le Vieux Continent et de revoir à la baisse ses ambitions dans son métier phare : la banque d’investissement . Il reste de toute évidence beaucoup à faire pour les établissements européens.

Source : les echos

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