Placement

Les banques françaises ont mis de côté près de 10 milliards d’euros en 2020

Le pire n’est jamais certain. Mais il faut quand même s’y préparer, au cas où. Les banques en savent quelque chose. Face au ralentissement brutal de l’économie dû aux mesures de confinement, elles ont mis des milliards d’euros de côté pour prévenir les difficultés à venir de leurs clients, qui se trouveraient dans l’incapacité de rembourser leurs crédits à cause de la récession.

En moyenne dans le monde, les banques ont augmenté les provisions au deuxième trimestre par rapport au premier, afin de prendre en compte le prolongement de la crise sanitaire et la dégradation des prévisions macroéconomiques pour l’année en cours. La palme revient aux établissements américains . Selon les analystes de Citigroup, les 15 plus grandes banques américaines ont provisionné 76 milliards de dollars au cours des six premiers mois.

En Europe, où les amortisseurs sociaux sont plus importants et où les mesures de soutien des gouvernements ont été généreuses, la facture est moins lourde. Elle n’en est pas moins significative : les 32 plus grandes banques européennes ont provisionné 56 milliards d’euros, selon Citigroup.

« Je n’ai pas de boule de cristal »

En France, selon un décompte réalisé par le cabinet Sia Partners, le montant des provisions enregistrées par les six principaux établissements (Crédit Agricole, BPCE, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel, Banque Postale) s’élevait au premier semestre à 9,9 milliards d’euros, avec là aussi une dégradation au deuxième trimestre. En six mois, le coût du risque a ainsi été multiplié par plus de deux.

Le pire est-il passé ? A en croire les banquiers français , il n’y a pas de raison de voir le coût du risque exploser au deuxième semestre. « Il n’y aura pas de rupture franche. On devrait poursuivre sur une tendance similaire à ce qu’on a vu au deuxième trimestre », indiquait Philippe Brassac, le patron de Crédit Agricole SA, lors de la publication des résultats. L’incertitude demeure néanmoins.

« Je n’ai pas de boule de cristal, a répondu Lars Machenil, le directeur financier de BNP Paribas, lors d’une conférence d’analystes. Si la situation reste telle qu’elle est [d’un point de vue sanitaire et économique], on peut s’attendre à un coût du risque inférieur au deuxième semestre. Néanmoins, il se peut aussi que cela reparte à la hausse ».

Hausse des provisions

Au regard des estimations fournies par les banques et des prévisions publiées par l’OCDE notamment, le cabinet de conseil Sia Partners mise sur une hausse des provisions pour les banques françaises au deuxième semestre, avec des variations selon les établissements. Au total, le coût du risque pourrait être multiplié par 2,7 sur l’année 2020, estime le cabinet.

« Même avec une telle hausse, on resterait sur des montants similaires, voire légèrement inférieurs à ceux enregistrés lors de la crise financière de 2008 et de la crise des dettes souveraines en 2011 », commente Yves Grégoire, associé chez Sia Partners. Un scénario plus pessimiste, intégrant l’hypothèse d’un prolongement de la crise, verrait en revanche les montants des provisions multipliés par 3,9, et dépasser ainsi les crises précédentes.

La vigilance restera de mise après 2020, alors que de nombreux plans de soutien aux entreprises arriveront à terme , et que la vigueur de la reprise demeurera encore très incertaine. « Le début de 2021 sera un moment décisif pour les entreprises dont la trésorerie a été artificiellement soutenue au prix parfois de la dégradation de leur solvabilité », explique Yves Grégoire. Les banques, elles, ne s’aventurent pas encore jusque-là.

Source : les echos

Autres articles à lire

L’euro dans le piège de la déflation

administrateur

La Banque mondiale va émettre des obligations pour sauver les rhinocéros

administrateur

La collecte du livret A au plus haut depuis douze ans

administrateur

La Bourse de Londres attire à nouveau les candidats à la cotation

administrateur

Corée du Sud, Brésil et Inde : Ces trois marchés émergents qui ont le vent en poupe

administrateur

La Banque de France renforce son engagement pour le climat

administrateur