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Les émissions d’obligations sociales pourraient doubler cette année

5,75 milliards de dollars. Alphabet, la maison mère de Google, a bouclé la semaine dernière la plus grosse émission de « social bonds » réalisée par une entreprise. Les fonds levés serviront à soutenir des entrepreneurs afro-américains, des PME affectées par la crise de Covid-19, et l’offre de logements abordables. Compte tenu des conditions de taux actuelles, Alphabet a concédé des rendements les plus bas de son histoire. Le groupe paiera ainsi, par exemple, 0,8 % à 7 ans, et 1,1 % à 10 ans.

Le marché des obligations sociales – qui ont vocation à financer un large champ d’action pour favoriser l’accès à l’éducation, à la santé ou à l’emploi, notamment pour les populations les plus fragiles – a connu un véritable coup d’accélérateur sous l’effet de la crise du coronavirus. Selon les données recueillies par Bloomberg, les volumes émis au cours du premier semestre dépassent 40 milliards de dollars. Soit une hausse de 364 % par rapport à l’an dernier à la même époque.

L’Unédic, plus gros émetteur

Notamment grâce à l’Unedic qui gère l’assurance chômage en France. En trois opérations, elle a levé l’équivalent de plus de 11 milliards de dollars destinés notamment à financer une partie du chômage partiel . Elle est le premier acteur de ce marché cette année. parmi les nouveaux arrivant, on compte la fondation Ford, premier organisme à but non lucratif américain à lever de social bonds . Le milliard de dollars ainsi récolté sera versé sous forme de subvention à des organismes culturels malmenés par la crise sanitaire.

Si on y ajoute les obligations « durables », qui affichent des objectifs à la fois sociaux et environnementaux, ce ne sont pas moins de 58 milliards de dollars qui ont été levés depuis le début de l’année. Un montant supérieur au total des émissions de 2019, 54 milliards. Pour les experts de Bloomberg, on se dirige vers un record à 100 milliards de dollars d’ici à fin décembre.

Moins de vert

Cet essor des social bonds se fait en partie au détriment des obligations « vertes ». Les émissions de green bond n’ont totalisé 97 milliards de dollars, un chiffre en baisse de 20 % par rapport à l’année dernière. Cela pourrait évoluer. L’Allemagne, par exemple, devrait rejoindre bientôt le club des Etats qui verdissent leurs obligations souveraines. Berlin a annoncé son intention de lever entre 8 et 12 milliards d’euros de green bonds avant la fin de l’année.

En outre, un nouvel instrument favorable à l’environnement, les « sustainability-linked » bonds devrait prendre son envol . Ces derniers visent un public plus large. Ils n’imposent pas à l’émetteur d’avoir un programme d’investissement précis, mais de se fixer un objectif mesurable. Une baisse de son empreinte carbone, par exemple. Ca a l’air plus facile, mais si le but n’est pas atteint, emprunteur devra payer une pénalité aux investisseurs.

Surtout le marché « vert » a pour l’instant davantage les faveurs des investisseurs que le marché « social ». Plus ancien, il offre donc une meilleure diversité d’emprunteurs, tant en termes de statut que de secteur ou de qualité de crédit. Plus de 95 % des émetteurs de social bond appartiennent en effet à la catégorie Investissement qui regroupe les titres sûrs. Conséquence : le rendement moyen des social bonds est d’environ 0,9 %. Alors que la plus grande profondeur du marché du green bonds en termes de notation fait tourner le coupon moyen autour de 2,3 % selon Bloomberg.

Source : les echos

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