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Les énergies fossiles se font rares dans les indices boursiers

Publié le 25 oct. 2020 à 10:04

Le pétrole n’est plus le bienvenu en Bourse. Les producteurs d’énergies fossiles ont longtemps compté parmi les plus grandes capitalisations mondiales. Mais aujourd’hui, ils peinent à se maintenir au sein des principaux indices boursiers : ExxonMobil a ainsi été exclu de l’indice Dow Jones où il était présent depuis 1928. Leur déclin est particulièrement visible dans le S & P 500, le principal indice boursier américain. En 2008, le secteur pétrolier et gazier représentait plus de 16 % de l’indice, contre 2 % à peine aujourd’hui, soit son niveau le plus faible depuis au moins trente ans.

En France aussi, le secteur de l’énergie n’est plus à l’honneur. Fin 2010, Total était encore la plus grosse capitalisation française, et Engie suivait à la troisième position. Depuis, Total a vu sa capitalisation fondre de près d’un tiers, et Engie de plus de moitié. Entre-temps, Technip et Vallourec ont par ailleurs quitté le CAC 40 , réduisant d’autant le poids des spécialistes des énergies fossiles et de leurs sous-traitants dans l’indice parisien. Résultat, le poids du secteur pétrolier et gazier est passé de 13 % à 6 % entre 2010 et aujourd’hui.

Défiance des investisseurs

Ce déclin des énergies fossiles dans les indices boursiers intervient alors que la lutte contre le changement climatique est devenue une priorité pour de nombreux acteurs de la finance. Il n’est toutefois pas lié à une décision réfléchie des administrateurs d’indices mais bien à la désaffection des investisseurs : la plupart des grands indices mondiaux se construisent en prenant en compte la capitalisation des sociétés et la liquidité des titres.

« Il y a une défiance historique des investisseurs vis-à-vis du pétrole », estime ainsi Christophe Foliot, gérant action chez Edmond de Rothschild AM. Le succès de la gestion durable en est l’une des causes. De nombreux investisseurs se sont également détournés du secteur face à la baisse du prix du pétrole et aux réglementations de plus en plus contraignantes sur les émissions de CO2.

L’impact de cette baisse du poids des énergies fossiles dans les grands indices mondiaux est immense. Les fonds indiciels cotés (ETF) ont attiré des centaines de milliards de capitaux ces dernières années. Or, ils répliquent mécaniquement la composition de leurs indices de référence. Le plus grand ETF sur le S & P 500 compte à lui seul 300 milliards de dollars d’encours.

A chaque fois que le poids du secteur pétrolier diminue dans les indices, il diminue d’autant au sein de ces fonds, ce qui permet de réduire dans le même temps leur empreinte carbone. Les conséquences sont d’ores et déjà importantes pour le secteur. Alors que de nombreuses sociétés se retrouvent en difficulté face à la baisse du prix du pétrole, « le coût du capital a augmenté », souligne Christophe Foliot.

Source : les echos

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