Placement

Les fonds spécialisés dans l’éducation ont trouvé leur voie

Les fonds dédiés à l’éducation ne sont pas légion. Premier créé en France fin 2018, CPR Invest-Education de CPR Asset Management (AM) partage dorénavant le marché avec un produit de Credit Suisse (Edutainment Equity Fund) et le nouveau venu Sycomore Global Education, lancé en avril dernier par Sycomore AM . D’autres véhicules multi-thématiques ciblent ce secteur, dont de nouvelles stratégies créées sur le thème du capital humain et du bien-être. Comme le fonds Human de Pictet AM en fin d’année dernière, suivi par Human Capital d’Edmond de Rothschild AM.

Ce jeune marché s’appuie sur plusieurs tendances lourdes comme la demande croissante de travailleurs qualifiés, l’essor de la classe moyenne dans les pays émergents et l’accélération des changements technologiques. « Les dépenses dans le monde en matière d’éducation augmentent de manière importante car c’est un facteur de progression sociale majeur », souligne Vafa Ahmadi, directeur de la gestion actions thématiques chez CPR AM.

Marché de 6.000 milliards de dollars

Alors que le secteur de l’éducation est évalué à 6.000 milliards de dollars, il devrait grimper à 10.000 milliards d’ici à la fin de la décennie, selon la Banque mondiale et le cabinet spécialisé HolonIQ. « Cela représente une croissance de 5 à 6 % par an, bien au-dessus de la croissance du PIB mondial », souligne Frédéric Ponchon, gérant chez Sycomore AM.

Ce marché comprend les études initiales mais aussi la formation continue, en forte expansion. « Le marché de l’emploi est en plein bouleversement et nécessite une remise à niveau permanente des compétences par les salariés, poursuit Frédéric Ponchon. De plus, beaucoup de connaissances n’ont pas été apprises lors du cursus initial car elles sont trop récentes. »

Les fonds surfent aussi sur l ‘essor de l’edtech , qui regroupe les entreprises utilisant le numérique pour développer des outils d’apprentissage. « Les formations en ligne sont plébiscitées car elles mettent l’éducation à portée de tous, y compris de populations enclavées », estime Vafa Ahmadi. Un mouvement accéléré par la pandémie de Covid . « Par ailleurs, la crise a éloigné les élèves de l’éducation, entraînant une perte de capital humain, assure Frédéric Ponchon. Les gouvernements vont vouloir surinvestir pour éviter qu’une génération entière d’étudiants soit sacrifiée. »

Segment des sociétés cotées

Pour se positionner sur ce marché, en partie occupé par des organismes publics, les fonds ciblent essentiellement les actions de sociétés cotées, spécialistes de l’éducation (écoles, contenus, tutorat…) ou fournisseurs de services aux étudiants (logement par exemple). Le produit de Sycomore AM a par exemple sélectionné les éditeurs Pearson et RELX (ex-Reed Elsevier), et celui de CPR AM, le groupe d’écoles privées China Education ou la société américaine de prêts étudiants SLM Corp (ex-Sally Mae).

Originalité du fonds de Sycomore AM : 30 % du portefeuille est consacré à des entreprises de tous secteurs ayant les meilleures pratiques en matière de formation de leurs parties prenantes. « Cela nous permet de limiter la concentration sectorielle et d’investir sur de plus grosses capitalisations », souligne le gérant.

Source : les echos

Autres articles à lire

La contestation en Biélorussie perturbe le marché de la potasse

administrateur

Cloud bancaire : les banques européennes avancent leurs pions

administrateur

Les « zinzins » mal à l’aise face à l’embellie des marchés

administrateur

Coronavirus : le prêt garanti par l’Etat en quatre questions

administrateur

Des centaines de milliards de dollars d’argent sale blanchis par de grandes banques

administrateur

AXA accuse le coup de la crise

administrateur