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Les griffes des régulateurs financiers se resserrent autour des GAFA

Publié le 22 nov. 2020 à 11:22

En annonçant la possibilité, dès 2021, d’ouvrir des comptes en banque depuis son application Google Pay, la firme de Mountain View risque de faire plusieurs mécontents. Les banques d’abord – du moins celles qui n’ont pas signé de partenariat avec le géant technologique -, car il s’agit de l’arrivée d’un concurrent de taille sur leur coeur de métier. Mais également les régulateurs financiers.

Ces derniers sont en effet de plus en plus vigilant face à l’arrivée des GAFA sur leur territoire de prédilection, considérant que ces derniers font peser un risque sur la stabilité du système financier. D’autant qu’en s’attaquant d’abord au paiement, les GAFA ont fait leurs premiers pas dans le secteur sans avoir à se plier aux plus contraignantes des règles, à l’inverse des acteurs historiques.

Aidés par leur vaste clientèle, ils sont parvenus à gagner rapidement des parts de marché, au point de ringardiser les banques traditionnelles, comme c’est le cas en Chine pour Ali Pay et WeChat Pay. A tel point que les régulateurs n’ont pas eu d’autre choix que taper du poing sur la table lorsque certains géants ont franchi la ligne jaune.

Levée de boucliers

Le dernier épisode en date de ce rapport de force est survenu au début du mois, lorsque le régulateur chinois a, dans un geste spectaculaire, stoppé net l’introduction en Bourse de Ant Group, la filiale du géant Alibaba, à 48 heures de ce qui devait être la plus importante IPO de l’histoire à 35 milliards de dollars. Pas question pour le pouvoir de perdre le contrôle du mastodonte derrière Alipay.

Dans le viseur de Pékin : le puissant milliardaire Jack Ma, fondateur du géant de l’e-commerce devenu la plus riche fortune de Chine, mais aussi le poids de Ant Group et ses 711 millions d’utilisateurs actifs, qui fait de plus en plus d’ombre aux banques traditionnelles chinoises avec ses services toujours plus diversifiés, allant du paiement au crédit en passant par l’épargne.

Les autorités chinoises ont fait savoir qu’à l’avenir, Ant Group ferait face à un examen plus minutieux et que la société pourrait être soumise aux mêmes restrictions de capital et de levier que les banques.

Ce serrage de vis réjouit les acteurs traditionnels. « Par le passé, de nombreux groupes technologiques ont bénéficié du fait de ne pas avoir le même régime réglementaire et les mêmes frais généraux de surveillance que les banques », a souligné jeudi Piyush Gupta, le patron de la DBS Group Holdings, alors que sa banque a perdu des parts marché en Asie du Sud-Est au profit notamment de Ant.

Digitalisation des transactions

Autre symbole de la vigilance accrue des régulateurs : la levée de boucliers des autorités face au Libra, le projet de monnaie numérique développé par Facebook. Face à une telle résistance, le groupe de Mark Zuckerberg a été contraint de revoir drastiquement à la baisse ses ambitions. « Il y a eu une prise de conscience qu’en laissant les géants du numérique agir, il y a un vrai risque de stabilité, mais également de souveraineté », décrypte un connaisseur du secteur.

La dernière initiative de Google dans le secteur bancaire montre que l’appétit des géants de la tech ne s’arrête pas là. Ce qui ne risque pas de faire retomber la vigilance des régulateurs financiers. D’autant que la crise du covid-19 a accéléré la digitalisation des transactions, avec notamment l’explosion des paiements sans contact. Ce qui risque encore un peu plus de faire pencher la balance du secteur du paiement du côté des géants de la tech.

Source : les echos

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