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Les investisseurs de plus en plus exigeants sur les données ESG

L’investissement responsable a pris un tournant décisif. Il est maintenant au coeur des stratégies des gestionnaires de fonds. C’est ce que montre la dernière étude d’EY sur le sujet. Le cabinet d’audit a sondé 300 institutions financières pour sa dernière étude annuelle sur le sujet. Il en ressort que la performance extra-financière des entreprises n’a jamais été aussi déterminante dans les décisions d’investissement.

98 % des investisseurs interrogés évaluent les performances non financières sur la base des informations fournies par les entreprises, 72 % d’entre eux déclarant procéder à une évaluation structurée et méthodique. Il s’agit d’un progrès considérable par rapport aux 32 % qui déclaraient utiliser une approche structurée en 2018.

Les temps changent. Quand EY a publié la première édition de son étude en 2013, plus d’un tiers des investisseurs déclaraient qu’ils procédaient à « très peu ou aucune revue des données extra-financières ». En 2020, seuls 7 répondants sur 300 (2 %) négligent encore ces données.

Impact majeur sur les décisions d’investissement

91 % des investisseurs déclarent que les indicateurs ESG ont, occasionnellement ou fréquemment, eu un impact majeur sur leur décision d’investissement au cours des 12 derniers mois. ​« Ne pas tenir compte de l’analyse ESG revient à avoir un angle mort en ce qui concerne la pertinence de la stratégie de l’entreprise. De nos jours, comment pouvez vous faire encore de la gestion si vous ne considérez pas ces critères ? », déclare Caroline Delérable, associée chez EY au service Sustainable Performance and Transformation.

Le risque climatique ressort comme le prisme ESG le plus important pour les investisseurs. Plus de 70 % des sondés déclarent consacrer « un temps considérable » à évaluer les conséquences du changement climatique sur les risques physiques (catastrophes naturelles), ainsi que sur les risques de transition (taxes, restrictions… etc.). Une partie significative d’entre eux utilise également des filtres d’exclusion.

Cette attention accrue rend les investisseurs beaucoup plus exigeants. Un nombre croissant d’entre eux se révèle insatisfait des informations qu’ils obtiennent sur les risques ESG. 34 % des répondants estiment que les entreprises n’informent pas suffisamment sur les risques environnementaux (contre 20 % en 2018). Une proportion qui monte à 41 % pour les risques sociaux et à 42 % pour les risques de gouvernance. « Il faut absolument que les entreprises communiquent suffisamment d’informations fiables pour que les investisseurs puissent arbitrer dans les meilleures conditions. Un investisseur ne peut plus prendre de décision basée uniquement sur le couple rendement/risque. Inclure les dimensions ESG devient un impératif », poursuit Caroline Delérable.

Source : les echos

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