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Les marchés rattrapés par l’économie réelle

Publié le 30 juil. 2020 à 18h23Mis à jour le 30 juil. 2020 à 18h46

Coup de froid sur les marchés mondiaux face à l’avalanche de mauvaises nouvelles économiques ce jeudi, en provenance de l’Allemagne et des Etats-Unis. A la clôture, le DAX de Francfort accuse une lourde chute de 3,45 %, après avoir reculé de plus de 4 % en séance. A Paris, où la journée a également été assombrie par les mauvais résultats de plusieurs grands noms du CAC 40 (Orange, Danone ou encore Casino), l’indice est en net repli de 2,13 %, après avoir touché temporairement un plus bas depuis un mois. Londres recule pour sa part de 2,31 %.

Ce sont d’abord les premières estimations du PIB allemand qui ont plombé le moral des investisseurs. Berlin a fait part dans la matinée d’une contraction de 10,1 % de l’économie du pays au second trimestre, soit sa plus forte baisse depuis près de cinquante ans.

Un autre choc, en provenance des Etats-Unis cette fois, a aggravé la correction entamée plus tôt dans la journée : sur les trois derniers mois, l’économie américaine pourrait avoir reculé de 32,9 % en rythme annualisé, selon les premières estimations du département du Commerce. Un record que le pays n’avait plus enregistré depuis les années 1940. Outre-Atlantique, Wall Street a accusé le coup. A la clôture européenne, le Dow Jones perdait 1,2 % et le S & P 500 0,8 %.

Entrée officielle des Etats-Unis en récession

Ce second trimestre de repli marque l’entrée officielle de la première économie mondiale en récession. L​es inscriptions au chômage ont également progressé pour la seconde semaine d’affilée. « L’élan initial de reprise, qui avait permis de se sortir des profondeurs atteintes début avril, ralentit », note l’analyste Patrick O’Hare pour Briefing.com.

C’est un très mauvais signal pour Donald Trump qui espère encore faire de la reprise économique un argument pour sa réélection à la fin de l’année. Ce dernier a d’ailleurs tenté, comme à son habitude, de faire diversion avec un tweet provocateur évoquant la nécessité d’un report de l’élection du fait du risque que fait peser le vote par correspondance sur le scrutin.

Les marchés à leur limite

Certains observateurs alertent depuis plusieurs semaines sur le risque de correction des marchés, tant le rebond a été puissant ces trois derniers mois. « Alors même que les pays affichaient de fortes baisses du PIB d’une année sur l’autre, le S & P 500 a connu son meilleur trimestre depuis le quatrième trimestre de 1998, avec un rendement de 20 %, notent les analystes de Fidelity. Mais tandis que les données économiques publiées se détériorent, il est peu probable que les marchés poursuivent sur leur lancée sans autre stimulus ou sans une reprise marquée de l’activité économique. Ils ne peuvent pas indéfiniment défier la réalité économique. »

La réunion de la Fed, mercredi soir, qui s’est soldé par un maintien de sa politique actuelle, n’a pas apporté de soutien aux marchés. Le bilan de la réserve fédérale est maintenant stable depuis un mois.

L’or noir est également en repli ce jeudi de près de 5 %, ce qui a fait repasser le baril de WTI sous les 39 dollars. La baisse du produit intérieur brut en Allemagne et aux Etats-Unis « n’est pas de bon augure pour la demande d’essence », souligne John Kilduff, chez Again Capital LLC.

Source : les echos

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