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Les résultats du CAC 40 en retrait de 45 milliards d’euros au premier semestre

« On s’attendait à pire. » C’est sans doute l’une des phrases les plus entendues dans la bouche des commentateurs réagissant à la publication des résultats semestriels des entreprises. Une façon comme une autre de relativiser le désastre. Car les 37 sociétés du CAC 40, qui ont communiqué sur leur performance de la première partie de l’année ont accumulé collectivement 1,7 milliard d’euros de pertes, selon les chiffres compilés par le cabinet PwC. Un changement radical par rapport à l’année précédente. A la même période, elles avaient accumulé 43,5 milliards d’euros de profits.

« La chute est spectaculaire et les entreprises sont restées très prudentes dans les commentaires formulés à l’occasion des publications », commente Philippe Kubisa, associé spécialiste des marchés de capitaux chez PwC. « Les résultats pourraient néanmoins avoir atteint leur point bas, si les conditions sanitaires ne se détériorent pas davantage. »

Recul de l’activité pour 27 groupes du CAC sur 35

Le chiffre d’affaires cumulé des 37 groupes du CAC 40 est en baisse de 23 % en données comparables. C’est 146 milliards d’euros de moins qu’au premier semestre 2019. Sans surprise, c’est l’activité des groupes présents dans les secteurs du tourisme, de l’aéronautique, de l’automobile et des matières premières qui a le plus souffert de la période de confinement. « Les secteurs et entreprises sont touchés de manière inégale », souligne Philippe Kubisa. PwC relève une baisse de près de moitié du chiffre d’affaires d’Accor et une chute de 39 % de celui d’Airbus. Viennent ensuite PSA (-34 %) et Renault (-33 %). L’activité d’ArcelorMittal et de Total a été amputée de respectivement 33 et 32 %.

En tout, 10 géants du CAC 40 déplorent une perte de leur chiffre d’affaires supérieure à 25 %, par rapport à la même période de l’année dernière. Dix d’entre eux ont tout de même vu leur niveau d’activité augmenter. Mais le plus souvent de façon modeste. Les seules progressions notables sont celle de Dassault Systèmes, unique croissance à deux chiffres (+14 %), et celle de Teleperformance, le petit nouveau de l’indice parisien, dont l’activité a crû de 5 %.

Pertes colossales

En termes de résultats, les pertes cumulées approchent les 2 milliards d’euros mais 23 groupes du CAC 40 (sur 37) terminent le semestre dans le vert. Ce qui donne une idée de l’ampleur de la chute ceux qui sont le plus durement touchés.

Total (avec 7,6 milliards d’euros), Renault (7,3 milliards) et d’Unibail-Rodamco (3,5 milliards) ont subi des pertes colossales. Parmi les autres victimes de la pandémie, Airbus, Société Générale, ArcelorMittal et Accor subissent entre 1,5 et 2 milliards d’euros de pertes. Enfin, dans le rouge eux aussi, Saint Gobain, Carrefour, Essilor Luxottica, Safran, Vinci, Veolia Environnement et Michelin limitent toutefois les pertes à moins de 500 millions d’euros.

A l’autre bout du spectre, les chiffres publiés par Sanofi-Aventis sont presque insolents. Le laboratoire pharmaceutique se paie le luxe d’afficher un résultat quasiment 9 fois plus important que l’année dernière, à la faveur d’éléments exceptionnels. Il a réalisé 9,3 milliards de profits au premier semestre, loin devant BNP Paribas, deuxième avec 3,6 milliards, L’Oréal (1,8 milliard), Crédit Agricole SA (1,6 milliard) , AXA (1,4 milliard), Air Liquide (1,1 milliard) et Danone (1 milliard). Ces sept groupes sont les seuls à avoir réalisé des profits supérieurs au milliard d’euros.

En cette période troublée, « les entreprises ont veillé à communiquer mieux et davantage, conformément aux recommandations de l’AMF », observe Philippe Kubisa. Ce qui explique, selon lui, que « le marché ait anticipé au mieux l’impact au 30 juin et qu’il n’y ait globalement pas eu de réactions boursières extrêmes à la publication des résultats. » Seule exception : Publicis , dont le cours s’était envolé fin juillet, grâce à des résultats bien meilleurs qu’attendus, grâce à Epsilon, le numéro deux mondial de l’hyperciblage, acquis en 2019.

Source : les echos

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