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Les tensions sur les matières premières agricoles dopent les profits des négociants

Publié le 19 janv. 2021 à 6:47

Après plusieurs années de profits en berne, les négociants de matières premières agricoles ont vu d’un très bon oeil le regain de volatilité et de tensions sur les marchés agricoles en 2020 sur fond de guerre commerciale entre Pékin et Washington. Louis Dreyfus Company a ainsi enregistré des résultats meilleurs que les années précédentes, et ce malgré des pertes liées à la faillite de la chaîne de café Luckin . Sur les six premiers mois de l’année, la maison de trading a vu ses profits grimper de 77 %, à 126 millions de dollars.

Même tendance pour les concurrents américains ADM, Bunge et Cargill qui ont profité des baisses de production de maïs au Brésil et dans la région de la Mer Noire pour grignoter des parts de marchés auprès de la Chine. Le rebond de la demande de carburant cet été a soutenu le marché de l’éthanol – environ un tiers du maïs sert à la fabrication d’éthanol – et du soja, dont l’huile est utilisée pour le biodiesel. Les négociants américains qui s’étaient diversifiés dans la transformation en ont profité à plein.

L’année 2021 s’annonce tout aussi positive pour les intermédiaires. La tonne de blé à Paris est montée à des niveaux jamais vus depuis 2013 à plus de 230 euros, sur les marchés à terme de Chicago, le maïs est au plus haut depuis 7 ans et le soja depuis 2014.

Cette hausse des cours s’explique d’abord par une offre moins abondante que prévu. Pour le blé par exemple, la Russie essaie de retirer du marché international une partie de la production pour juguler la flambée des prix alimentaires et notamment du pain sur son territoire. Moscou incite les producteurs à écouler leurs stocks sur le marché domestique plutôt que de les exporter. A cette fin, la Russie a instauré, en plus de quotas, une taxe à l’exportation. Cette taxe a même été renforcée vendredi.

A la merci de La Niña

Pour le maïs et le soja, ce sont les prévisions de production pour la campagne 2020-2021 qui alimentent la hausse. Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a ainsi revu à la baisse les récoltes de maïs pour les Etats-Unis (-8 millions de tonnes à 360 millions), mais aussi pour Argentine et le Brésil, en raison des sécheresses.

Le phénomène La Niña , un refroidissement des eaux de surface du Pacifique, bouleverse le climat partout sur la planète et entraîne des sécheresses sur le continent américain et des pluies diluviennes dans le Sud-Est asiatique. La production de soja est, elle aussi, touchée par des conditions météorologiques moins accommodantes en Amérique du Sud. Elle sera tout juste compensée par de meilleurs rendements en Chine.

Alors que l’offre de grains recule ou stagne, la demande, elle, augmente nettement, soutenue par la consommation chinoise. A titre d’exemple, les importations chinoises de soja en 2020 ont passé la barre symbolique des 100 millions de tonnes. Cet appétit s’explique avant tout par la reconstitution du cheptel de porcs qui avait été décimé par la fièvre porcine africaine.

Source : les echos

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