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L’Etat veut recapitaliser le Laboratoire français du sang

Publié le 27 janv. 2021 à 6:45

Ses tensions financières ont commencé bien avant la crise du Covid-19. Créé après le scandale du sang contaminé, le Laboratoire français de fractionnement et des biotechnologies (LFB), à capitaux publics, est depuis plus d’un an en discussions avec ses créanciers pour trouver une issue à ses quelque 990 millions d’euros de besoins de financement à venir. De sources concordantes, ces discussions pourraient aboutir dans les prochaines semaines.

Il y a deux ans, l’Etat actionnaire avait envisagé d’ouvrir le capital à des investisseurs privés, sans que la piste aboutisse. Le financement d’une nouvelle usine pharmaceutique et ses échéances de remboursement se faisant plus pressants, il a été contraint, avec le laboratoire, de se tourner directement vers les banques et créanciers obligataires, sous l’égide d’un administrateur, selon ces mêmes sources.

Vers une recapitalisation

D’après la solution qui se dessinerait, la puissance publique serait prête à engager une recapitalisation qui serait de l’ordre de 500 millions d’euros. C’est de fait, peu ou prou, le montant de l’ouverture du capital envisagée en 2018.

A ce montant, s’ajouterait un prêt public de l’ordre de 150 millions. Quant aux banques et aux créanciers obligataires, qui ont financé le LFB à hauteur d’environ 370 millions d’euros, ils seraient d’accord pour accepter un report d’échéances de plusieurs années après 2022. Ils ne seraient pas opposés non plus à fournir un effort de l’ordre de 65 millions d’euros en argent frais. Interrogés, ni Bercy, ni la société et les représentants des créanciers n’ont souhaité réagir ou faire de commentaires.

Recentrage stratégique

« Une fois ces paramètres approuvés et l’établissement consolidé, rien n’exclut que la piste d’une ouverture minoritaire à des capitaux privés soit une nouvelle fois étudiée », indique cependant une source.

L’usine d’Arras est clé pour le fabricant de médicaments dérivés du sang, qui se classe au septième rang des fournisseurs mondiaux. Sa construction sur un site de 16 hectares dans les Hauts-de-France doit lui permettre de tripler sa production, notamment à l’export, mais la crise sanitaire a freiné un peu plus le chantier. Le projet avait été lancé en 2013 et les travaux lancés par l’ex-président François Hollande, trois ans après, ont pris du retard. La livraison de cette « usine 2020 » espérée l’an dernier a été reportée à 2024. De 300 millions d’euros, l’enveloppe a ainsi dérapé après de nouveaux besoins de financement.

Après s’être implanté aux Etats-Unis et en Allemagne, le LFB s’est tourné une première fois vers l’Etat afin d’être recapitalisé à hauteur de 230 millions d’euros en 2015. Puis il s’est lancé dans la construction de l’usine d’Arras et a accéléré son expansion internationale en Espagne et en Angleterre.

Son nouveau dirigeant, Denis Delval, arrivé il y a trois ans, a cependant engagé un recentrage. En avril 2019, le laboratoire public a cédé au géant Novartis, une plateforme de développement et de fabrication de produits de thérapie cellulaire, CellforCure, qui nécessitait de nouveaux investissements. Et un plan de départs volontaires de 120 postes avait dû être enclenché.

Source : les echos

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