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L’euro à son plus haut niveau depuis plus de deux ans

Publié le 30 juil. 2020 à 18h12Mis à jour le 30 juil. 2020 à 19h28

Longtemps handicapé par le manque de visibilité sur la construction européenne, l’euro bénéficie d’un formidable retour en grâce depuis l’annonce d’un plan de relance européen par Angela Merkel et Emmanuel Macron le 18 mai. Ce plan historique de 750 milliards d’euros a été signé le 21 juillet , permettant à l’euro de se hisser à 1,16. Depuis, le mouvement s’est encore accéléré.

L’euro est passé au-dessus de 1,18 dollar jeudi après-midi, son plus haut niveau depuis plus de deux ans. La monnaie unique profite aussi du délitement du dollar. Le PIB des Etats-Unis s’est contracté de 32,9 % (en rythme annualisé) au deuxième trimestre, selon une première estimation publiée jeudi par le département du Commerce. C’est le repli trimestriel le plus important jamais enregistré depuis 1947. En juillet, la monnaie unique se sera appréciée d’environ 5 % face au dollar.

L’Europe mieux armée dans la crise

« Une fois n’est pas coutume, l’Europe est mieux armée que les Etats-Unis dans cette crise », commente Vincent Juvyns chez JPMorgan AM. Le stratégiste note qu’habituellement, lorsque les Etats-Unis sont confrontés à une crise, les entreprises coupent les coûts et licencient, ce qui leur permet de protéger leurs marges en attendant une conjoncture plus porteuse.

A l’inverse, les entreprises européennes ne peuvent pas réduire la voilure aussi vite, leurs marges souffrent et elles traînent ensuite un déficit de rentabilité qui les empêche de profiter à plein de la reprise. « Le système de protection sociale européen, par exemple le dispositif de chômage partiel français, a permis un redémarrage très rapide, une fois la période de confinement passée et l’Europe sortira plus rapidement de la crise économique », estime Vincent Juvyns.

Depuis quelque temps, les investisseurs internationaux qui se méfiaient des actifs européens ont recommencé à regarder les marchés du Vieux continent avec intérêt. « Nous favorisons à nouveau les actions et les obligations périphériques européennes dans nos portefeuilles d’investissement depuis début juin, alors que nous étions négatifs sur les Places européennes depuis plusieurs années. » Ces dernières semaines, les flux de capitaux vers les fonds actions européens ont été plus nourris que vers les fonds dédiés aux actions américaines. « Les investisseurs réalisent que la prime de risque associée à l’Europe était sans doute trop importante », analyse Vincent Juvyns qui se prépare « à une remontée de l’euro vers 1,30 dans la décennie à venir. »

Source : les echos

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