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L’euro repasse au dessus de 1,20 dollar, un défi pour la BCE

Publié le 2 déc. 2020 à 12:48

L’euro est repassé au-dessus du niveau de 1,20 dollar pour s’établir mercredi à 1,2080 dollar, soit un gain de 7,6 % depuis le début de l’année. Il a progressé de 6,6 % par rapport à la livre sterling et de 3,2 % contre le yen. Il est stable face au franc suisse.

Le regain de vigueur de la devise européenne contraste avec son passage à vide au début de la pandémie. A l’époque certains stratèges prédisaient même que l’euro pourrait plonger et atteindre la parité avec le dollar.

Le verbe ne suffit plus

Sa hausse généralisée (+ 6,1 % de son taux de change en 2020) est malvenue pour la Banque centrale européenne (BCE) car elle augmente le risque de déflation. Les exportateurs voient en effet leur compétitivité dégradée sur les marchés étrangers et notamment outre Atlantique. « Si l’on excepte le premier trimestre de 2018, l’euro est à son plus haut niveau face au dollar depuis décembre 2014. C’était un mois avant que la BCE annonce son plan d’assouplissement quantitatif début 2015 » constate Robin Brooks, chef économiste à l’Institut de la Finance Internationale.

La hausse de l’euro met au défi la BCE qui doit annoncer des mesures de soutien lors de sa réunion du 10 décembre. Sans annonce forte, la monnaie européenne pourrait s’installer au-delà de son seuil de tolérance de 1,20 dollar. Il faudra plus que des déclarations de la BCE et des interventions verbales pour le faire reculer. A l’été et en septembre, elles avaient permis de gagner un peu de temps mais sans changer la psychologie du marché.

Baisse des taux

« La BCE ne peut pas faire grand-chose pour s’opposer à une hausse de l’euro au-delà de 1,20. » estime George Saravelos, stratège à la Deutsche Bank. Cette progression est facilitée par un affaiblissement généralisé du dollar sur lequel la BCE n’a pas d’emprise. Le stratège anticipe un niveau de 1,22 à 1,23 dollar en fin d’année à moins que la banque centrale ne baisse fortement son taux de dépôt en décembre. « Une baisse des taux en décembre pourrait ramener l’euro sous 1,17 dollar » estime Jordan Rochester de la banque Nomura. A moyen terme, la dynamique des flux financiers (investissements sur les actions européennes) devrait, entre autres facteurs, favoriser l’euro et l’amener vers 1,25 à 1,30 dollar.

1,25 dollar pour Goldman Sachs

Avant la réunion de la BCE la semaine prochaine, les avis restent tranchés. Les hedge funds parient modestement sur la hausse de l’euro, alors que les spéculateurs individuels anticipent la baisse de la devise européenne par rapport au dollar, selon l’analyse de la banque Citi. De leur côté, les particuliers clients des courtiers en ligne sont pessimistes sur l’euro depuis mai. Les hedge funds ont été neutres (printemps, été) puis positifs à partir de septembre sur les perspectives d’évolution de la monnaie européenne.

L’année prochaine, le consensus des économistes et stratèges établi par l’agence Bloomberg prévoit un euro entre 1,20 et 1,23 dollar. La banque Goldman Sachs anticipe une remontée de l’euro face au billet vert à 1,25 dollar dans 12 mois et 1,28 dollar en 2022. Société Générale prévoit que la devise européenne grimpera à 1,23 dollar l’été prochain et 1,27 dollar dans 12 mois.

Source : les echos

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