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L’UE s’efforce de rassurer les Balkans, sans s’engager concrètement Par Reuters

© Reuters. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré mercredi aux pays des Balkans en quête d’adhésion à l’UE qu’ils faisaient partie de la famille européenne, malgré les doutes émis par plusieurs Etats membres qui redoutent

par Sabine Siebold, Ivana Sekularac et Robin Emmott

BRDO, Slovénie (Reuters) – L’Union européenne s’est engagée mercredi à intégrer à terme six voisins des Balkans, en évitant de fixer une date pour atteindre cet objectif, sur fond de dissensions entre les Vingt-Sept sur le processus d’élargissement et de persistance de querelles régionales.

Après des semaines de délibérations, les dirigeants de l’Union européenne se sont accordés sur une déclaration réaffirmant leur promesse, formulée il y a dix-huit ans, que la Serbie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine du Nord, le Kosovo et l’Albanie pourraient un jour se joindre au bloc communautaire s’ils remplissent les critères d’adhésion.

Mais alors que le processus d’élargissement est au point mort en raison de dissensions au sein de l’UE, que la Serbie refuse toujours de reconnaître l’indépendance de son ancienne province du Kosovo, que la Bulgarie reste hostile à l’adhésion de la Macédoine du Nord, nombreux sont ceux dans les Balkans qui jugent que cette déclaration d’intention est une coquille vide.

« L’UE réaffirme son soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux », peut-on lire dans la déclaration finale du sommet informel qui s’est tenu mardi et mercredi au château de Brdo, en Slovénie.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que les Balkans faisaient partie de la « famille » européenne et le président français Emmanuel Macron a souhaité que l’UE redonne « véritablement des perspectives de court terme aux Balkans, qui sont au sein de l’Europe ».

« LE FONCTIONNEMENT DE L’UE EST DÉJÀ TRÈS LOURD À 27 »

L’Union européenne est de loin le premier investisseur étranger et le premier partenaire commercial des six pays, majoritairement issus de la dislocation de la Yougoslavie et des guerres qui se sont ensuivies dans les années 1990.

Les dirigeants européens ont toutefois rappelé que l’UE continuait d’attendre de ces « partenaires » des « réformes crédibles » et la Slovénie, qui préside actuellement l’UE, n’est pas parvenue à convaincre les autres pays membres de s’engager à les intégrer d’ici à 2030.

« Je ne crois pas au fait de fixer des dates, je crois au fait de tenir nos promesses. Une fois que les conditions seront remplies, l’adhésion pourra avoir lieu », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, un point de vue partagé par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

Les Pays-Bas, ou d’autres pays comme la France ou le Danemark, craignent une adhésion trop précipitée, comme lors de l’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007.

Elargir l’Union européenne à 33 membres compliquerait en outre le processus de prise de décision au sein de l’UE.

« En toute franchise, il y a une discussion au sein des Vingt-Sept sur notre capacité à intégrer de nouveaux membres », a reconnu le président du Conseil européen Charles Michel.

« L’UE a deux défis : on doit à la fois s’élargir à nos frontières et avoir une discussion avec notre voisinage, en particulier la Russie et la Turquie, et en même temps nous devons profondément transformer notre fonctionnement commun parce qu’il est déjà très lourd à 27 », a estimé quant à lui Emmanuel Macron.

CHINE, RUSSIE, TURQUIE EN EMBUSCADE

Sur le plan des querelles régionales, le président serbe Aleksandar Vucic, présent à Brdo, a concédé que son pays ne pourrait pas adhérer à l’UE tant qu’il n’aurait pas réglé son différend avec le Kosovo.

Le Premier ministre kosovar Albin Kurti a de son côté exprimé sa frustration de voir que cinq pays membres de l’UE n’avaient toujours pas reconnu l’indépendance de son pays, ce qui s’explique essentiellement par la crainte qu’ont certains pays de renforcer ainsi des mouvements indépendantistes, comme l’Espagne avec la Catalogne.

A l’issue d’un dîner mardi soir consacré à la stratégie de l’UE vis-à-vis de la Chine et des Etats-Unis, plusieurs dirigeants des Vingt-Sept ont toutefois souligné que la politique étrangère européenne devait commencer par son voisinage immédiat.

« Si l’Union européenne n’offre pas à cette région une véritable perspective, nous devons être conscients que d’autres superpuissances – la Chine, la Russie ou la Turquie – joueront là-bas un rôle plus important. Cette région appartient géographiquement à l’Europe et a besoin d’une perspective européenne », a dit le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

Selon la Banque mondiale, la Chine représente environ 8% des échanges entre les Balkans et le reste du monde, contre près de 70% pour l’Union européenne, mais Pékin a avancé de larges sommes d’argent aux pays de la région pour rénover leurs infrastructures routières ou ferroviaires.

La Russie cherche elle aussi à exploiter les liens historiques qu’elle entretient avec la région et s’oppose à l’intégration des Balkans au sein de l’UE.

(Rédigé par Robin Emmott, avec la contribution de John Chalmers et Philip Blenkinsop à Bruxelles et de Michel Rose à Paris, version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault et Jean-Michel Bélot)

Source : investing

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