Placement

M & A : les prix propulsés à des niveaux record

Publié le 22 juil. 2021 à 13:31Mis à jour le 22 juil. 2021 à 13:52

Ce n’est plus une question de prix. En pleine reprise, industriels et fonds achètent. La valeur d’acquisition des grandes entreprises dans le monde comme des PME de la zone euro a atteint de nouveaux sommets , tirée par l’appétit très élevé pour la santé et la haute technologie.

Après le choc de la pandémie, le prix médian pour une entreprise du secteur médical, des cliniques, des laboratoires ou des « biotechs » s’élève à 16,6 fois l’Ebitda (notion proche du résultat d’exploitation) toutes géographies confondues. Le prix monte à 20,8 fois aux Etats-Unis, du jamais vu depuis la crise financière selon Refinitiv.

En début d’année, le fabricant de matériel médical américain Steris a ainsi mis la main sur son concurrent Cantel Medical pour 4,6 milliards de dollars, soit pas moins de 26 fois son Ebitda.

Même constat dans la tech, où les valorisations ont explosé à 15,6 fois, un niveau là aussi historique à l’échelle mondiale. Cette tendance est alimentée par la tendance à la numérisation de l’économie. L’Europe atteint un record (15,1 fois) – quand les prix aux Etats-Unis se tassent mais à un niveau très élevé (17,1 fois contre 18,9 fois en 2020).

Conséquence, tous secteurs confondus des biens, du médical aux biens de consommation, le prix médian des acquisitions atteint un sommet depuis la crise de 2008 dans le monde, à 12,2 fois l’Ebitda, selon Refinitiv.

La moitié des opérations dédiées à la santé et à la tech

Cette flambée vaut pour les grandes entreprises, mais aussi pour celles de taille moyenne dans la zone euro : les valorisations des PME ont atteint des niveaux inédits à 12,8 fois (contre 10,7 fois pour les autres secteurs de l’économie) dans les secteurs de la tech et de la santé , selon l’indice Argos. Or ces opérations ont pesé pour la moitié du M & A de PME dans la zone au deuxième trimestre.

Exemple, les laboratoires Cerba qui viennent de passer sous contrôle du suédois EQT pour 4,5 milliards d’euros ont annoncé dans la foulée ce jeudi débourser 1,2 milliard pour le numéro un italien du diagnostic Lifebrain moyennant 12 fois son Ebitda anticipé de cette année… et 24 fois son résultat d’exploitation de 2019 pre-covid.

Résultat pour l’ensemble des secteurs, la valeur médiane de cession des PME européennes a volé vers un nouveau record de 11,6 fois l’Ebitda. Et la part des transactions qui se signent à plus de 15 fois atteint un niveau inédit (24 %) depuis 2018.

Le prix payé par les fonds d'investissement pour des PME de la zone Euro, à 12,9 fois l'Ebitda, a fait grimper l'indice des valorisations à son plus haut.

Le prix payé par les fonds d’investissement pour des PME de la zone Euro, à 12,9 fois l’Ebitda, a fait grimper l’indice des valorisations à son plus haut.

Les fonds d’investissement, qui croulent sous les liquidités et se livrent une concurrence féroce, sont en grande partie responsables de cette flambée, en Europe comme ailleurs. Ils ont payé plus cher encore (12,9 fois) au second trimestre qu’au premier, quand les industriels se sont eux montrés moins agressifs (10,7 fois).

Partout, le flux d’opérations du private equity donne le vertige. En France à fin juillet, plus de 24 milliards de dollars de transactions ont été menés, un niveau jamais atteint sur la période depuis la fin des années 90, et huit fois supérieur à l’an dernier, selon Refinitiv.

Une dynamique qui s’inscrit dans un record aussi historique pour le capital investissement en Europe (170 milliards de dollars de deals) et mondial (609 milliards).

Faut-il craindre un phénomène de bulle ? « Le danger est moins dans la valeur des transactions que dans l’inflation de la dette d’acquisition. Et dans certains cas il peut être légitime de s’interroger », juge Louis Godron, associé d’Argos.

Source : les echos

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