Economie

Pétrole : Les importations chinoises devraient chuter, mais seulement à court terme

Depuis deux mois, cette rubrique avertit les lecteurs de la faiblesse de la demande sur le marché du pétrole.

En effet, les prix du pétrole ont chuté de manière assez spectaculaire cette semaine. Le , qui se situait confortablement au-dessus de 40 dollars le baril, a chuté de 7 % pour atteindre 36,76 dollars mardi. Le a subi des pertes similaires, chutant de plus de 5 % à 39,78 dollars le baril.

Au cours des dernières semaines, nous avons fréquemment examiné la diminution de la demande de pétrole et l’économie en difficulté du marché américain, qui est le plus grand consommateur mondial de pétrole.

Cependant, la Chine mérite également notre attention. C’est le premier importateur mondial de pétrole et la seule grande économie qui devrait afficher une croissance cette année.

Bien que certains signes indiquent que la demande chinoise de pétrole brut devrait baisser au cours des prochains mois, cette baisse attendue sera en grande partie le résultat de problèmes techniques et réglementaires résolus, et non de préoccupations structurelles plus importantes concernant l’économie chinoise qui pourraient nuire aux prix mondiaux du pétrole à long terme.

La baisse des prix du pétrole cette semaine a été précipitée par une réduction des prix de vente officiels (OSP) de l’Arabie saoudite à l’Asie. Rappelons que les acheteurs de pétrole chinois et asiatiques ont été déçus début août lorsque l’Arabie Saoudite n’a pas réussi à réduire ses prix de vente officiels de septembre pour l’Asie de manière aussi importante que la plupart des gens l’espéraient. Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite semble essayer de corriger la déconnexion observée en août avec une réduction importante de ses prix de vente officiels d’octobre pour le brut Arab Light à l’Asie.

Bien que de nombreux analystes interprètent cela comme le signe d’une faible demande et d’une fragilité économique, certains éléments indiquent que la faiblesse de la demande – du moins en ce qui concerne la Chine – sera un phénomène temporaire.

1. Ralentissement des opérations de raffinage

Les raffineries indépendantes de Chine semblent prêtes à réduire leurs achats de pétrole brut de 40 % en septembre et octobre. Cela est probablement dû au fait que les raffineries indépendantes ont atteint les limites des quotas d’importation fixées par le gouvernement chinois. Plutôt que de cesser leurs activités, elles pourraient puiser dans le pétrole stocké. Cela n’est évidemment pas bon pour ceux qui ont fourni du pétrole aux raffineries indépendantes chinoises, mais c’est le résultat d’un contrôle gouvernemental et non de problèmes de marché en Asie.

Ce serait un signe beaucoup plus négatif si les raffineurs réduisaient leurs achats en raison d’un manque de demande pour leurs produits plutôt que d’une exigence réglementaire. Certains analystes pensent que le gouvernement chinois accordera des quotas supplémentaires à ces raffineries au cours du quatrième trimestre, ce qui signifierait que la baisse des importations ne pourrait durer que quelques mois.

2. Congestion portuaire

En août, la Chine a connu une congestion extrême de ses ports en raison d’un important afflux de pétrole brut, qui a entraîné certaines fermetures et un manque d’espace de stockage. La congestion a été réduite, mais il y a toujours un arriéré de navires qui attendent de décharger du pétrole brut.

La bonne nouvelle : la diminution des importations en septembre et octobre contribuera à réduire la congestion.

3. Stimulation économique

Après que l’économie chinoise ait souffert au premier trimestre 2020 en raison des arrêts de production liés au coronavirus, le gouvernement chinois a mis en place un important plan de relance économique en mettant l’accent sur la construction. Cela s’est traduit par une hausse de la demande de diesel qui a commencé en mars et avril. Environ 30 % de la demande totale de pétrole de la Chine est utilisée pour le diesel, et elle a dépassé la demande d’essence et de carburéacteur en Chine en 2020.

Cette situation contraste avec celle des États-Unis, où la demande d’essence a dépassé celle du diesel et du carburéacteur. La demande de diesel en Chine devrait augmenter de 2 % en 2020 par rapport à l’année précédente, même avec la perturbation due au coronavirus. En 2020, la consommation de diesel en Chine dépassera de 60 000 à 90 000 bpj celle de 2019.

Conclusion

Dans l’ensemble, les indicateurs montrent que les exportations chinoises de pétrole devraient reprendre avant la fin de l’année, à mesure que les problèmes techniques seront résolus. La baisse des prix du pétrole à l’automne incitera également la Chine à importer davantage de pétrole pour le raffinage et le stockage, car elle se préparera au cas où les prix se redresseraient encore en 2021, lorsque les autres économies mondiales commenceront à se redresser.

Toutefois, les observateurs du marché doivent se rappeler que la Chine ne représente pas la totalité du marché pétrolier, et que les économies américaine et européenne présentent encore de graves faiblesses en matière d’économie et de consommation qui ne semblent guère vouloir s’atténuer.

Source : investing

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