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Pétrole : l’Opep prête à réagir face à la crise sanitaire qui se prolonge

Publié le 17 nov. 2020 à 17:45

Le casse-tête de la crise sanitaire se prolonge pour les pays producteurs de pétrole. Les treize pays membres de l’Opep et leurs dix alliés menés par la Russie se sont réunis en visioconférence mardi pour décider de la marche à suivre face à la « deuxième vague » de Covid-19 qui a contraint de nombreux pays au reconfinement . Les 23 alliés ne prendront pas de décision formelle avant le 30 novembre, la date fixée pour leur prochain sommet. Le marché s’attend à ce qu’ils reconduisent leur accord de réduction de production. « Nous devons être prêts à ajuster les termes de notre accord si nécessaire », a déclaré mardi le prince Abdelaziz ben Salmane, ministre saoudien de l’Energie.

Les dernières prévisions pour la consommation de pétrole ont été revues en baisse pour tenir compte de la persistance de l’épidémie. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une chute de la demande mondiale de 8,8 millions de barils cette année, soit environ 9 % de moins qu’en 2019. La reprise de la demande en Asie et la perspective d’un vaccin efficace ne suffiront pas à court terme, souligne l’AIE.

Les stocks encore élevés

Les stocks mondiaux, qui avaient atteint des niveaux records cet été, ne refluent que lentement. Ils s’élèvent encore à 3,7 milliards de barils selon le cabinet Kpler, l’équivalent d’une quarantaine de jours de consommation mondiale.

Au printemps, l’Opep et la Russie ont réduit leur production dans des proportions inédites afin de soutenir les cours de l’or noir. Près de 10 millions de barils quotidiens ont été retirés du marché entre mai et juillet. Les quotas ont ensuite été allégés : la réduction volontaire de production des 23 pays alliés est proche de 8 millions de barils par jour actuellement.

La production remonte en Libye

L’accord signé en avril prévoit une nouvelle remontée de la production à partir du 1er janvier prochain, date à laquelle les quotas tomberaient à moins de 6 millions de barils. Mais face à la deuxième vague de Covid-19, les pays producteurs se demandent si ce relâchement est pertinent. C’est pourquoi ils pourraient décider de maintenir les quotas à leur niveau actuel pour trois ou six mois supplémentaires. « C’est l’option la plus plausible », estime Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler.

L’Opep se montre d’autant plus prudente que la production est repartie en flèche en Libye à la faveur d’une trêve entre les deux factions en guerre. « Les exportations libyennes, exemptées de quotas, pourraient rapidement dépasser le million de barils alors qu’elles étaient encore inférieures à 200.000 barils en août », prévoit l’expert.

Joe Biden et l’Iran

Autre inconnue à surveiller, l’Irak, troisième plus gros producteur du groupe derrière la Russie et l’Arabie saoudite. Jusqu’à l’été, Bagdad avait bien respecté les quotas de production qui lui étaient assignés, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. « C’est un sujet très sensible pour l’Irak qui a besoin des revenus du pétrole pour des dépenses aussi basiques que le paiement du salaire des fonctionnaires », reprend Homayoun Falakshahi.

L’Iran, enfin, est dans toutes les têtes, car l’élection de Joe Biden pourrait changer la donne l’an prochain. Si les sanctions imposées par Donald Trump contre le régime de Téhéran étaient levées ou allégées, plus de 2 millions de barils supplémentaires reviendraient rapidement sur le marché.

Source : les echos

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