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Plafond à 50 euros: le paiement sans contact explose

Effectif depuis lundi dernier, le relèvement du plafond, de 30 à 50 euros , du paiement sans contact par carte a été un succès à la fois technique et commercial. Le « sans contact » a été très vite perçu (et promu) comme un geste barrière, à la fois par les pouvoirs publics, les régulateurs, les banques, les consommateurs, et les commerçants.

L’effet « 50 euros » a été immédiat : en trois jours, du 11 au 14 mai, le GIE Cartes Bancaires a enregistré quelque 3 millions de transactions entre 30 et 50 euros, soit 15% de transactions sans contact supplémentaires.

Aiguillonnées par Bercy , les banques ont ainsi mis les bouchées doubles pour réussir ce basculement du plafond à 50 euros, le maximum autorisé par la réglementation européenne, au plus tard le lundi 11 mai, date du déconfinement. L’opération était certes prévue depuis plusieurs mois mais elle a été avancée de quelques semaines sur le calendrier prévu et s’est opérée dans des délais records, contrairement à ceux du passage de 20 à 30 euros en 2017.

90 % des cartes acceptent le nouveau plafond

Ainsi, souligne le GIE CB, le paramétrage de 70 millions de cartes bancaires a débuté dès le 18 avril, ainsi que celui des 1,7 million terminaux de paiement « sans contact » et des systèmes d’autorisation des banques. Et des milliers de tests ont été effectués courant mai.

Aujourd’hui, selon le GIE CB, 90 % des cartes sans contact acceptent le nouveau plafond. Pour certains réseaux (BNP Paribas, Crédit Agricole, BPCE…), le basculement des cartes a été automatique. Pour d’autres (Société Générale…), il a nécessité une action du porteur, celui de taper son code au moins une fois. Enfin, certains émetteurs, (Orange Bank, N26…) annoncent une mise à niveau dans les jours prochains.

Effet immédiat sur les transactions

Le GIE CB anticipe un nouveau bond du paiement sans contact, qui s’inscrit déjà dans une forte dynamique de croissance (3 milliards de transactions en 2019, un volume multiplié par trois en deux ans). Près de 80 % des paiements par carte sont en effet inférieurs à 50 euros et un tiers des paiements inférieurs à 30 euros (qui représentent au total 60 % des transactions) sont toujours effectués avec le code.

Reste que 30 % des commerçants n’acceptent pas encore le sans contact. Mais nombreux sont ceux qui devraient s’équiper prochainement pour répondre à ces nouveaux usages, notamment dans certains commerces sous-équipés, comme les tabacs ou les boulangeries.

Les professionnels du cash ripostent

Le cash est-il menacé pour autant ? Rien n’est moins sûr. Selon FEDESFI, qui regroupe les entreprises de sécurité fiduciaire, les commandes d’espèces ont grimpé de 20 % sur les deux premières semaines précédant le déconfinement. Et depuis le 11 mai, les volumes ont augmenté à nouveau de 17 % sur une semaine glissante. Même constat sur les distributeurs de billets : le volume des retraits le 12 mai a été presque équivalent à celui d’il y a un an, selon une source bancaire.

La profession a d’ailleurs peu apprécié la communication des banques en faveur du sans contact, jugée « déloyale » . Et la FEDESFI vient de saisir la Direction Générale de la Concurrence et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) sur des cas de refus de paiement en espèces dans certaines enseignes.

C’est notamment le cas de certains sites de Bricorama, Leroy-Merlin ou Burger King, qui en ont fait publiquement la publicité. C’est pourtant une pratique illégal: personne ne peut, en effet, refuser un paiement en espèces, du moins tant que la somme ne dépasse pas 1.000 euros.

Source : les echos

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