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Pour la BCE, les banques doivent intégrer le risque climatique

Hors de question que la crise du coronavirus serve de prétexte aux banques européennes pour retarder l’intégration de l’urgence climatique dans leur stratégie. C’est le message de la Banque centrale européenne qui a publié mercredi un guide détaillant ses « attentes » concernant les modalités de prise en compte, par les banques, « des risques liés au climat dans leurs dispositifs de gouvernance et de gestion des risques et lors de la formulation et de la mise en oeuvre de leurs stratégies opérationnelles », peut-on lire dans le communiqué.

« Nous nous sommes assurés, très tôt, de réduire le fardeau opérationnel pesant sur les banques dès le début de la pandémie », a rappelé Patrick Amis, le directeur général de la Surveillance microprudentielle III, lors de la conférence de presse de présentation. Mais en matière de climat, « c’est maintenant qu’il faut agir ».

Adaptation non contraignante

Concrètement, la BCE attend des banques qu’elles « comprennent » et « intègrent » l’impact des risques climatiques et environnementaux sur leur activité, à « court, moyen et long termes », afin d’être en capacité de prendre les bonnes décisions. Elle souhaite que le sujet soit saisi par la direction des banques, que les responsabilités soient clairement définies, et que leur portefeuille de crédit soit passé au crible du risque climatique « à toutes les étapes du processus de signature d’un prêt ». La BCE encourage également les établissements à développer des stress tests internes, ainsi qu’à être transparents sur leur exposition au risque vis à vis des marchés.

Ce guide s’accompagne du lancement d’une consultation publique. Les banques ont en effet jusqu’à fin septembre pour envoyer à la BCE observations et commentaires qui serviront de base pour les discussions prévues l’année prochaine. De fait, ce guide n’est donc pas contraignant et aucune sanction n’est prévue par le superviseur européen dans le cas où les banques n’adapteraient pas immédiatement leur stratégie.

« Si nous n’agissons pas de manière collective », les conséquences n’en seront que plus importantes, a insisté Patrick Amis. Pour autant, pas question que cette adaptation au risque climatique pèse, pour l’instant, sur la capacité des banques à financer l’économie : « nous nous en assurerons », a-t-il dit, précisant que l’attention immédiate de la BCE est toujours portée sur la pandémie.

Source : les echos

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