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Pourquoi la liquidité de l’euro-dollar s’est améliorée depuis 2015

Tête de pont entre les deux grandes puissances économiques que sont les Etats-Unis et la zone euro, l’euro-dollar est aujourd’hui la parité la plus liquide, selon la Deutsche Bank. Le dollar-yen est en seconde position. Et sa liquidité s’est améliorée depuis 2015. Entre 2016 et 2019, l’activité a augmenté de 35 % sur l’euro-dollar, selon la Banque des règlements internationaux.​

Cette hausse des volumes, l’euro-dollar le doit notamment aux traders haute fréquence. Leur extrême rapidité favorise la liquidité grâce à la diminution des coûts de transactions. Acheter de l’euro n’a jamais été aussi facile et peu onéreux en termes de frais. Cette liquidité rassure les investisseurs comme les banques centrales et renforce son statut de deuxième monnaie mondiale derrière le dollar.

Crise du coronavirus

Cette amélioration structurelle de la liquidité de l’euro-dollar a connu des accidents , comme lors de la tempête sur les marchés en mars, qui a interrompu ce mouvement sans le remettre en cause. Le nombre de transactions quotidiennes sur le marché interbancaire de l’euro-dollar a été multiplié par trois durant ce mois par rapport à 2019. Mais le marché fut particulièrement déséquilibré et peu liquide avec davantage d’ordres d’achats que de vente. En mars, l’euro-dollar, d’ordinaire plutôt stable, évolua entre 1,06 et 1,15 dollar.

La City, centre de liquidité mondiale

C’est la City, principale place de négociation de cette parité, qui concentre cette liquidité mondiale. Toutes les plus grandes banques, investisseurs, traders haute fréquence et hedge funds y interviennent. Elle traitait 832 milliards de dollars par jour sur cette parité en octobre dernier. La plus forte activité sur l’euro-dollar est enregistrée à Londres entre 11 heures et 16 heures. Les volumes de l’euro-dollar sont inégalement répartis sur un marché pourtant ouvert 24 heures sur 24, puisqu’il se lève en Asie et se couche en Amérique en suivant la rotation de la Terre.

Cette période comprise entre 11 heures et 16 heures est aussi celle où les ordres d’achat d’euros surpassent le plus les ventes. Le pic de ce déséquilibre est atteint entre 11 heures et midi sur le marché interbancaire. Cet excès d’ordres d’achat peut parfois faire monter l’euro à très court terme, dans les 5 minutes, mais il n’a pas d’effet sur la journée. Le nombre de transactions a peu d’impact sur l’euro. Sa performance par rapport au dollar est surtout influencée par les volumes, les montants achetés par rapport à ceux vendus.

Le plus grand marché au monde, celui des devises, brasse 6.600 milliards de dollars par jour. Sa liquidité s’améliore depuis 2015 sur les grandes monnaies, à l’exception de la livre sterling où elle s’est dégradée depuis le choc du Brexit . Plus une devise est liquide plus elle peut être négociée en grande quantité, rapidement, à un faible coût et avec un impact limité sur son cours.

La dichotomie G10 – émergents

« Les devises des pays du G10, et en particulier le dollar-yen et euro-dollar, sont sensibles aux volumes. Les monnaies des autres pays (renminbi) et des émergents (rand sud-africain, peso mexicain) sont surtout impactées par le nombre de transactions à l’achat et à la vente », constate Rohini Grover, stratège à la Deutsche Bank et auteure de l’étude sur la liquidité. Les grandes monnaies sont influencées par les gros acteurs du marché (hedge funds…). Les devises émergentes sont plus « démocratiques ». Le marché « vote » pour la hausse ou la baisse et c’est le nombre « d’électeurs » dans l’un des deux camps (acheteurs ou vendeurs) qui fait pencher la balance dans un sens ou dans l’autre.

Source : les echos

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