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Pourquoi les banques françaises restent confiantes malgré la crise

Jusqu’ici, tout va mieux. A écouter les banquiers ces derniers jours, l’activité économique est bel et bien repartie en France après le coup d’arrêt du confinement. « En juin, on a globalement retrouvé les niveaux d’avant-crise en termes d’activité commerciale. Ca repart plus vite que prévu et c’est très encourageant pour le reste de l’économie », expliquait Philippe Brassac, le patron de Crédit Agricole SA, lors de la publication des résultats trimestriels .

Pour la première banque française (en parts de marché), « c’est une reprise en « V » qui se profile ». Le discours est plus optimiste que celui de la Banque France, qui a confirmé ce lundi matin une poursuite du rebond de l’économie en juillet mais dont le scénario privilégié demeurait celui d’une « reprise en vol d’oiseau », avec un rythme d’augmentation mensuel plus lent.

Rebond des crédits

Les chiffres publiés par les banques au deuxième trimestre illustrent effectivement la vigueur de l’activité commerciale depuis quelques semaines, même si les résultats financiers restent globalement dégradés. Dans le groupe Crédit Agricole, la production de crédits en juin s’est révélée supérieure à celle du mois de juin l’an dernier : + 3 %, sans compter les prêts garantis.

Le crédit immobilier est notamment reparti à la hausse, alors que les taux restent bas depuis le déconfinement : chez BNP Paribas, les encours ont progressé de 5 % par rapport au deuxième trimestre l’an dernier. Même constat pour le crédit à la consommation, en net rebond en juin.

Cette frénésie de consommation se retrouve également dans les transactions par carte, qui ont retrouvé « des niveaux proches des niveaux moyens mensuels du deuxième trimestre 2019 », pointait Société Générale.

« Peu de casse »

Côté entreprises, les banques ont déployé massivement les prêts garantis par l’Etat (PGE), avec environ 117 milliards d’euros accordés. Mais là encore, pas d’alarmisme. « Beaucoup d’entreprises ont constitué une réserve de prudence, tempère Laurent Mignon, chez BPCE, gros pourvoyeur de PGE avec le Crédit Agricole. Il s’agit pour de nombreuses entreprises d’anticiper d’éventuelles difficultés à venir ». « Il a fallu agir vite et en masse, mais au final il y a eu peu de casse », complète Philippe Brassac.

Les établissements se préparent néanmoins à des jours plus compliqués pour leurs clients. Comme en témoigne la hausse des provisions au deuxième trimestre, multipliées par deux chez Crédit Agricole et par quatre chez Société Générale. Des sommes qui ont vocation à couvrir d’éventuels défauts de paiement futurs. Les moratoires sur les reports d’échéances arrivent d’ailleurs à terme à la rentrée.

Impact sur la rentabilité

Les experts demeurent prudents. « Les réponses à la crise apportées par les gouvernements et les banques centrales ont été efficaces. Mais il faudra être très vigilant à la rentrée, prévient Pierre Gautier, responsable analytique banques pour l’Europe de l’Ouest chez S & P Global. Les problèmes ont pu être décalés dans le temps ».

Dans une note publiée début juillet, l’agence de notation misait sur une multiplication par plus de 2,5 du taux de pertes sur les emprunts en 2020 par rapport à l’année précédente, avec une situation similaire en 2021. « Pendant des années, les banques françaises ont profité de taux de défauts limités, permettant de compenser l’effet négatif des taux bas sur les revenus », écrivent les analystes.

Mais cette période est révolue. Et la hausse des défauts « s’ajoutera aux défis déjà nombreux qui pèsent sur la rentabilité des banques et par conséquent accélérera les prises de décision stratégiques », considère Pierre Gautier. La pandémie n’a pas fini de secouer les banques.

Source : les echos

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