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Pourquoi l’or perd de son éclat

Publié le 2 déc. 2020 à 16:00

La pandémie de Covid-19 avait donné un coup de fouet à l’envolée des cours de l’or l’été dernier. Le métal jaune avait même battu son précédent record historique à 1.911 dollars l’once pour en installer un nouveau, au-dessus des 2.000 dollars . Certains analystes estimaient possible de le voir grimper jusqu’à 2.300 dollars.

Depuis son pic début août, l’or a toutefois perdu près de 15 % pour évoluer autour des 1.800 dollars ces derniers jours. En novembre, il a perdu 5,4 %, enregistrant au passage son pire mois depuis novembre 2016.

Le retour de l’appétit pour le risque

Avec l’élection de Joe Biden et l’annonce de la découverte de plusieurs vaccins efficaces à plus de 90 %, le sentiment de marché s’est inversé. Alors que les investisseurs cherchaient par tous les moyens à se protéger, ils retrouvent de l’appétit pour le risque.

Non seulement les marchés actions ont enregistré des hausses spectaculaires en novembre, mais en plus l’environnement de taux s’est amélioré aux Etats-Unis .

Contrairement aux emprunts d’Etats ou aux actions, le métal précieux ne rapporte rien, ni coupon, ni dividende. Toutefois, quand les taux d’intérêt sont inférieurs à l’inflation, l’or permet de se protéger contre les taux réels négatifs. La chute des taux réels américains à -1 % avait dopé les cours de l’or à l’été dernier. Ce n’est plus le cas actuellement.

L’optimisme sur les marchés se traduit aussi par une chute des paris à la hausse sur l’or. Selon les données de la CFTC aux Etats-Unis, les positions longues des spéculateurs n’ont jamais aussi faibles depuis 18 mois.

Sorties massives dans les ETF-or

Enfin, l’euphorie des investissements via les fonds indiciels (ETF) adossés à l’or s’essouffle. Selon Bloomberg les ETF-or ont plongé de 100 tonnes en novembre. Il s’agit de la première sortie mensuelle en un an et la plus importante en près de quatre années. « Les investisseurs ETF sont donc devenus un facteur négatif pour l’or, après avoir soutenu les prix entre avril et août avec leurs achats », explique Carsten Fritsch, de Commerzbank.

Cette baisse va-t-elle se poursuivre ? Les observateurs sont sceptiques et estiment les fondamentaux encore positifs pour l’or. La demande en Asie montre des signes de reprise, le dollar continue de baisser, le stock mondial de dette à taux négatifs a atteint un nouveau record à plus de 17.000 milliards.

Une Fed toujours accommodante

« Nous pensons aussi que les vaccins changent la donne à moyen terme, mais la réaction des investisseurs paraît précipitée », écrit-on chez UBS. La vaccination va encore prendre du temps et en outre la transition entre l’administration Trump et Biden ne se fera pas tout en douceur.

Tous ces facteurs « augmentent les chances que la Fed continue de renforcer son assouplissement quantitatif et achète des obligations de longue durée », expliquent les analystes d’UBS. In fine, les anticipations d’inflation pourraient grimper, faire baisser les taux réels et donc soutenir l’once.

Source : les echos

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