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Quatre questions sur les obligations vertes, dont l’UE va devenir le premier émetteur au monde

Publié le 13 oct. 2021 à 15:54

Comme annoncé, Bruxelles accélère sur la finance verte. Ce mardi, l’Union européenne a levé 12 milliards d’euros de dette lors de l’émission de son tout premier emprunt vert, qui a attiré un record de 135 milliards d’euros d’ordres des investisseurs. Cette obligation « verte » doit financer des projets liés à la transition écologique.

L’émission de cette obligation est la première d’une longue série. L’Union européenne sera bientôt le premier émetteur de « green bonds ». Dans le cadre de son plan de relance , la Commission européenne a en effet prévu l’émission de plus de 200 milliards d’obligations vertes au cours des prochaines années. Soit un cinquième de la taille du marché actuel.

Que sont ces obligations vertes ? Depuis quand existent-elles ? Quelle est leur place sur le marché mondial ? Que change l’arrivée de l’UE sur ce marché ? Réponses dans CQFD, le format pédagogique des Echos.

1. Qu’est-ce qu’une obligation verte ?

L’obligation verte, ou green bond, est un titre de dette « émis sur le marché par une entreprise ou une entité publique auprès d’investisseurs pour lui permettre de financer ses projets contribuant à la transition écologique » peut-on lire sur le site du ministère de la transition écologique.

Ces obligations, souscrites par des investisseurs – qui prêtent de l’argent et perçoivent des coupons, c’est-à-dire des intérêts – fonctionnent de la même manière que des obligations classiques (durée d’emprunt, versement d’intérêts, risques). Elles se distinguent néanmoins par un « reporting détaillé sur les investissements qu’elle finance et le caractère vert des projets financés », précise le site.

2. Combien pèsent les obligations vertes sur le marché ?

Emises en 2008 pour la première fois par la Banque mondiale, ces obligations ont, depuis, mobilisé des milliards d’euros dans le monde. Ces dernières années, les acteurs économiques sont en effet de plus en plus nombreux à verdir leurs dettes. Et le marché des obligations vertes s’est développé à vitesse grand V.

En 2019, il a bondi de près de 50 % par rapport à l’année précédente, selon les données de Bloomberg. Il représentait alors plus de 200 milliards d’euros. En 2020, le secteur explose, totalisant plus de 300 milliards d’euros. Cette année, l’envolée se poursuit de plus belle, les émissions de green bonds atteignant 424 milliards de dollars en septembre, selon les données de Bloomberg. A titre de comparaison, au niveau mondial, les Etats en 2020 totalisaient largement plus de 60.000 milliards d’euros d’encours de dettes. Les green bonds restent donc encore assez marginaux sur le marché des obligations.

3. Que change l’entrée de l’UE sur le marché des obligations vertes ?

En souhaitant devenir le « leader mondial de la finance durable », Bruxelles révolutionne le marché des green bonds, annonçant vouloir lever pas moins de 250 milliards d’euros d’obligations vertes en quelques années – soit un tiers du plan de relance européen en réponse à la crise sanitaire. Ce plan impose aux Etats membres de consacrer au moins 37 % de leurs plans nationaux de relance au verdissement de l’économie, avec les objectifs environnementaux que se fixent les 27 dans le cadre du « Green Deal » .

La France était jusqu’à présent le principal émetteur d’obligations vertes, avec plus de 35 milliards d’euros de green bonds émis depuis 2017. L’Allemagne suivait avec 17,5 milliards d’euros. La Belgique, l’Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont également rejoint le mouvement ces dernières années. Et de nouveaux Etats européens et entreprises devraient encore entrer dans la danse.

4. Quelles sont les limites des obligations vertes ?

S’il existe une définition de principe liée aux green bonds, la communauté internationale ne s’est pas mise d’accord sur un standard précis. La France a mis en place de son côté son propre label, celui de la « transition énergétique et écologique pour le climat », en 2015. De la même manière, l’UE a défini un cadre , prévoyant des dispositifs de reporting, de contrôle et d’évaluation par la Commission et des auditeurs indépendants, sur les investissements verts réalisés.

Si bien que la qualification de l’obligation verte revient à celui qui l’émet. Ce qui peut mener, pour certains, à en abuser, posant la question de l’efficacité des « green bonds » dans leur mission initiale. Ce manque de cadrage, pointé par de nombreux acteurs du domaine, fait craindre le risque de greenwashing – cette stratégie marketing qui donne une image écoresponsable à une initiative qui ne l’est pas réellement.

Source : les echos

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