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Qu’attendre de la réunion de la BCE ce jeudi ?

La Banque centrale européenne est elle inquiète de la hausse importante des taux d’emprunt des d’Etat depuis la fin février ? Ou est-elle finalement à l’aise avec un mouvement qui pourrait signaler la reprise de l’économie en zone euro ? Après plusieurs déclarations, parfois contradictoires, des membres du Conseil des gouverneurs le la banque centrale, la réponse à cette question qui agite les marchés devrait être connue en début d’après midi. A 13 h 45, la BCE publiera ses décisions de politique monétaire avec peut-être de premières indications. Mais c’est surtout la conférence de presse de sa présidente, Christine Lagarde qui sera l’objet de toutes les attentions.

La hausse des taux d’intérêt mondiaux a suscité une certaine inquiétude. L’économie de la zone euro n’est peut-être pas prête à faire face à des coûts d’emprunt plus élevés, car elle est loin derrière les Etats-Unis, où un déploiement plus rapide des vaccins et un plan de relance budgétaire de 1.900 milliards de dollars stimulent la reprise.

« Pour éviter un resserrement injustifié des conditions de financement – en d’autres termes, une perturbation du marché – la BCE doit fournir des orientations plus claires », a déclaré Florian Hense, économiste chez Berenberg.

A l’affût des signes

Alors que la plupart des économistes interrogés par Bloomberg estiment que la Banque centrale finira par étendre son programme d’achat d’obligations urgence pandémie (PEPP) de 1.850 milliards d’euros au-delà de la date limite actuelle de mars 2022, il y a peu de chances que la décision soit prise lors de cette réunion. Aucune modification du taux de dépôt de la BCE, actuellement à -0,5 %, n’est attendue. D’après les sondés, seuls des ajustements techniques du programme de prêts ciblés de long terme accordés aux banques (TLTRO) pourraient intervenir.

C’est donc sur le choix des mots que l’attention se portera. Les investisseurs sont à l’affût de tout signe indiquant que la BCE envisage d’utiliser pleinement la flexibilité tant vantée du PEPP pour contenir à un niveau raisonnable la hausse des rendements d’Etat. Les achats ont à peine augmenté au cours des deux dernières semaines, ce qui a incité les investisseurs à tester l’ampleur de l’évolution du marché que les responsables sont prêts à tolérer.

Maintenir des conditions financières « favorables »

Si la déclaration de politique générale n’apporte pas d’éléments de réponse, la conférence de presse de la présidente de la BCE, 45 minutes plus tard, pourrait le faire. Si Christine Lagarde décrit la hausse des rendements comme un « durcissement injustifié » des conditions financières, elle signalera que les banquiers centraux sont prêts à agir pour contrer cette évolution. Ce terme a été utilisé par son prédécesseur, Mario Draghi, en 2014, alors qu’il préparait le terrain pour les taux d’intérêt négatifs et son bazooka monétaire, le programme d’achats d’actifs.

Depuis décembre, la BCE s’est engagée à maintenir des conditions financières « favorables » en utilisant la flexibilité de son programme d’urgence. Gilles Moec, économiste en chef chez AXA s’attend à ce que Christine Lagarde utilise son discours pour donner plus d’importance à cet engagement. De leur côté, les analystes de Bloomberg s’attendent à « un message clair du Conseil des gouverneurs selon lequel la hausse des rendements obligataires déclenche un durcissement injustifié des conditions de financement ».

Nouvelles projections économiques

Jusqu’à présent, les commentaires publics des responsables de la BCE ont plutôt semé la confusion. Fabio Panetta, membre du directoire, a déclaré que les hausses étaient « malvenues et qu’il fallait y résister ». Le vice-président Luis de Guindos s’est concentré sur les écarts de rendement entre les pays pour estimer que la situation était « calme ».

La BCE dévoilera également des projections économiques actualisées, les premières depuis décembre, et qui pourront servir de fondement à une augmentation du soutien à l’économie. Elles seront probablement prudentes, estimant notamment que le rebond de l’inflation sera temporaire. Mais les analystes s’attendent tout de même à un relèvement des anticipations d’inflation à long terme.

Source : les echos

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