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Robinhood valorisé plus de 30 milliards de dollars pour son introduction en Bourse

Publié le 29 juil. 2021 à 11:56

Il n’y a pas eu de guerre d’enchères autour des actions Robinhood. Le courtier préféré des jeunes boursicoteurs américains a fixé le prix de son introduction en Bourse à 38 dollars par action, en bas de la fourchette envisagée (38 à 42 dollars), signe d’un accueil mitigé de la part des investisseurs.

Robinhood ressort de l’opération avec une valorisation de près de 32 milliards de dollars, bien inférieure aux 40 milliards un temps espéré. La société a levé 1,9 milliard de dollars d’argent frais via son IPO tandis que ses cofondateurs Vlad Tenev et Baiju Bhatt ont cédé pour environ 50 millions de dollars d’actions à cette occasion.

Des boursicoteurs plus jeunes

A titre de comparaison, la plateforme d’échanges de cryptomonnaies Coinbase est valorisée 50 milliards de dollars, tandis que la valorisation du courtier traditionnel Charles Schwab, le leader du marché, atteint 125 milliards de dollars. Interactive Brokers, un autre courtier historique, est valorisé environ 25 milliards.

Ce dernier compte seulement 1,4 million de clients, contre plus de 22 millions pour Robinhood. Mais les utilisateurs de l’application de courtage sont plus jeunes, 31 ans d’âge médian, et détiennent en moyenne bien moins de fonds sur la plateforme : un peu plus de 100 milliards de dollars au total pour Robinhood contre 288 milliards chez Interactive Brokers.

Résultat, Interactive Brokers affiche un chiffre d’affaires supérieur à 750 millions de dollars au deuxième trimestre 2021, contre 574 millions au mieux pour Robinhood. La différence est encore plus nette en termes de profits : plus de 500 millions pour Interactive Brokers contre 100 millions dans le meilleur des cas pour la jeune plate-forme.

Doutes sur son potentiel de croissance

La valorisation de Robinhood reflète un potentiel de croissance énorme. La pandémie a donné un formidable coup d’accélérateur à l’application de courtage, qui a été pendant plusieurs mois la plus téléchargée aux Etats-Unis. Début 2020, elle comptait environ 5 millions d’utilisateurs, un nombre qui a quadruplé depuis. Robinhood estime avoir attiré environ 1 nouvel investisseur sur 2 au cours des cinq dernières années outre-Atlantique.

Mais certains investisseurs doutent de la capacité du courtier à poursuivre sur sa lancée. La réouverture des économies risque de détourner certains jeunes boursicoteurs des marchés financiers. Or, les revenus de la plateforme sont extrêmement dépendants des volumes traités, en particulier sur les options et les cryptomonnaies. En outre, les régulateurs américains ont déjà indiqué vouloir renforcer l’encadrement de la vente du flux d’ordres de ses utilisateurs ( « Payment for order flow ») qui a représenté plus de 80 % des revenus du courtier au premier trimestre.

Une part de l’offre réservée aux utilisateurs

Un autre aspect a sans doute pesé sur la demande des investisseurs : la part particulièrement importante de l’offre allouée aux particuliers. La plateforme a sorti le grand jeu pour les séduire, organisant même un « roadshow », c’est-à-dire une présentation de la société en amont de l’IPO, ouverte à tous. Robinhood a réservé jusqu’à 35 % des actions proposées aux utilisateurs de sa plateforme, qui ont pu acquérir des actions au même prix que les grands institutionnels.

Pour ces investisseurs, c’est un risque de plus. En général, les particuliers doivent attendre les premiers échanges pour acquérir des actions. Cette demande engendre alors un bond du cours lors de la première séance. Cette fois-ci, les particuliers n’ont pas eu à attendre et n’ont donc aucune raison de se précipiter sur le titre à l’ouverture des marchés américains.

Sous surveillance

Robinhood n’en a pas fini avec les enquêtes des régulateurs. En amont de son IPO, le courtier en ligne a révélé qu’il faisait l’objet d’une nouvelle enquête de la Securities and Exchange Commission, sur les ventes d’actions de ses employés au moment de l’épopée GameStop en début d’année. Les deux cofondateurs de la société, Vlad Tenev et Baiju Bhatt, font également l’objet d’une enquête de la Finra, l’organisme d’autorégulation de Wall Street, car ils ne seraient pas enregistrés auprès d’elle. Dans les mois qui ont précédé son introduction en Bourse, Robinhood avait écopé d’une amende de 65 millions de dollars de la SEC pour avoir manqué de transparence sur la vente des flux d’ordres de ses clients. Fin juin, la Finra lui avait infligé une amende record de 70 millions pour des « défauts de supervision et des dommages significatifs causés à des millions de clients ».

Source : les echos

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