Bourse & Actions

Société Générale : mûre pour un rebond ?

Publié à l’origine sur la Bourse au quotidien.fr

Alors que sa valorisation a chuté sous le cap ô combien symbolique des 10 Mds€, Société Générale (PA:) peut-elle repartir de l’avant en Bourse ? Eléments de réponse graphiques avec Philippe Béchade.

« La valorisation actuelle de Société Générale n’a aucun sens », a tonné Frédéric Oudéa au micro de Reuters début octobre. La capitalisation de la banque rouge et noire venait alors de basculer sous les 10Mds€ (c’est-à-dire le quart de celle de BNP-Paribas), un plancher historique, le cours ayant inscrit un plus bas absolu de clôture à 10,9 € le 24 septembre. Très en-deçà des 17,3 € touchés au plus fort de la crise post-Kerviel puis post-Lehman, début mars 2009.

Il faut ensuite remonter à… fin janvier 1991 pour observer un bref enfoncement des 11 € (mais pas de clôture en-deçà de ce seuil), ou alors reculer jusqu’à juillet 1988, à une époque où les marchés dérivés étaient encore balbutiants et ne devaient représenter que 1% des revenus – et encore ! – du groupe. Rien de comparable à ce qui avait cours fin 1990 et début 1991, avec la montée en puissance du MATIF et des contrats sur indices boursiers, induisant toute une mécanique d’arbitrages complexes entre les options, les actions et les « futures ».

Même au début des années 1990, Société Générale était principalement une banque de dépôt avec une activité de crédit ultra-dominante. 29 ans plus tard, le trading sur actions représentait 29% des revenus de la filiale « Banque d’investissements » de la Société Générale et 10% de ceux du groupe, soit deux fois plus que chez BNP Paribas (PA:).

Las ! Avec le confinement et le « flash krach » du 20 février au 18 mars, le chiffre d’affaires issu du trading sur actions a chuté de 80% entre avril et juin, les deux champions américains de la banque d’investissement JPMorgan (NYSE:) et Goldman Sachs (NYSE:) parvenant quant à eux à sauver leur trimestre grâce au pic d’activité sur ces mêmes actions et produits dérivés.

Et pour parachever le désastre économique et financier, « SG », comme les autres banques, s’est vu interdire la distribution d’un dividende sur les profits de 2019.

Six mois plus tard, la banque n’a certes peut-être plus grand chose à distribuer, et se prépare à une vague de faillites et de défauts sur son portefeuille de prêts bien plus dévastatrice qu’en 2009/2010.

Vers une reprise en « V » ?

De là à voir sa capitalisation se désintégrer sous 10 Mds€, il y a tout de même un énorme pas… Frédéric Oudéa a probablement raison et à moins d’une énorme perte liée aux encours sur les dérivés, un taux de défaut de 5 à 7% sur les encours de crédit est sans doute déjà « pricé ».

La cession de la filiale Lyxor, sa pépite de l’asset management, à Amundi, UBS ou JPMorgan, pourrait de surcroît renforcer les fonds propres de 1Md€ dans l’immédiat ; mais sur quoi s’appuiera Société Générale pour doper ses futurs profits ?

La question n’est pas si vite répondue !

Qu’en dit l’analyse technique ? Eh bien que l’action a peut-être enfin trouvé un plancher à 10,8 € (double-test les 30 septembre et 2 octobre) après avoir déclenché une nouvelle alerte à la baisse sur cassure des 11,76 € (l’ex-plancher historique du 15 mai dernier).

Le titre est désormais susceptible d’amorcer une reprise en « V » et a déjà rejoint l’ex-support des 12,4 € du 3 août.

Au bout du compte, la tendance au rebond pourrait se renforcer au-delà des 12,9 €, l’ancien support du 18 septembre, en direction des 14,3 €, l’ex-zénith des 12 et 31 août dernier…

Ex-zénith qui coïncide avec l’ex-plancher majeur de début août 2012, au cœur de la crise grecque et juste au moment du fameux « whatever it takes » de Mario Draghi !

Source : investing

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