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Trading : le New Jersey attise la rivalité entre New York et Chicago

Publié le 8 oct. 2020 à 13:46Mis à jour le 8 oct. 2020 à 13:48

Le gouverneur du New Jersey, Phil Murphy souhaitait un « dialogue apaisé et constructif » sur son projet de taxe sur les transactions financières (TTF). Cet ancien de Goldman Sachs a reçu une fin de non-recevoir de tout Wall Street, des bourses aux courtiers en ligne et banques en passant par les firmes de trading ultrarapides , les traders haute fréquence (THF). Toute la finance américaine refuse par principe de payer 0,25 cent par transaction comme veut l’imposer le New Jersey, siège des centres de données des Bourses. Elle s’est coalisée dans un lobby baptisé « Coalition contre la taxation de l’épargne-retraite ». Elle laisse entendre que ce sont les investisseurs, fonds de pension, épargnants, qui paieront la facture finale. Wall Street fera tout pour maintenir ses marges en répercutant le coût d’une taxe sur les investisseurs. Ils verront leurs frais de transaction augmenter.

Guerre ouverte

Les grands marchés (New York Stock Exchange, Nasdaq, Chicago Board of Options…) ont réalisé un test grandeur nature le samedi 26 septembre en simulant un basculement de leurs serveurs hors du New Jersey et à Chicago. Le NYSE est allé plus loin en opérant durant 5 séances boursières depuis son centre de données de secours de Chicago, et pour sa filiale NYSE Chicago. La filiale de Nasdaq OMX spécialisé sur les ETF prévoit de suivre l’exemple du NYSE, dès la fin du mois d’octobre. De quoi faire réfléchir le New Jersey. Si les centres de données des bourses lui échappent, sa taxe n’a plus de sens. Or, il en attend beaucoup d’argent, peut-être trop à la vue des autres TTF , autour d’une dizaine de milliards de dollars par an. Elle lui permettrait d’éponger son déficit budgétaire prévisible évalué à près de 5,6 milliards.

Délocalisation

En cas de TTF dans le New Jersey, Chicago espère récupérer tout le business des centres de données. Cette ville est la patrie des firmes de trading haute fréquence. C’est sur ses marchés à la criée qu’ont débuté leur carrière tous leurs membres avant de se lancer dans l’électronique. Tous les grands THF y ont leur siège. D’autres Etats (Texas, Floride) sont prêts à offrir aux Bourses des conditions financières avantageuses pour qu’elles délocalisent leurs centres de données chez eux.

Quand Wall Street était taxé

Les Etats-Unis ont prélevé, à l’échelon fédéral, une taxe sur les transactions financières (TTF) entre 1914 et 1965. Objectif ? Collecter des fonds tout en limitant la spéculation boursière. Dans les années soixante, elle était de 0,04 % à 0,10 %. En parallèle, l’Etat de New York imposa sa propre TTF entre 1905 et 1981. Les projets de taxes fédérales présentés au Congrès n’ont pas pu obtenir la majorité nécessaire. Aujourd’hui une trentaine de pays, dont France, ont leur TTF, à des taux généralement compris entre 0,01 % et 0,5 %. Elle est supérieure à 1 % au Brésil et Finlande. Ces 25 dernières années, certains pays (Suède, Allemagne, Japon, Pays-Bas) ont abrogé les TTF qu’ils avaient mis en oeuvre faute de résultats.

Source : les echos

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