Placement

Un nouveau fonds pour sécuriser le capital des stars de la cote

Alors que l’économie française tente de se relancer après deux mois de confinement , bpifrance annonce la naissance d’un fonds d’investissement destiné à renforcer le capital des champions tricolores cotés. Ce nouveau fonds baptisé « LAC 1 » (ou Lac d’argent), géré par la banque publique, a en effet réussi son premier tour de table avec une capacité d’investissement de 4,2 milliards d’euros.

Parmi les premiers souscripteurs, on retrouve notamment Mubadala, le fonds souverain d’Abu Dhabi, qui s’était engagé avant l’épidémie de coronavirus à investir 1 milliard d’euros. L’émirat avait déjà investi environ 1 milliard d’euros en partenariat avec Bpifrance dans des PME et des entreprises de la French Tech lors d’opérations menées ces dernières années. La banque publique apporte également 1 milliard. A leurs côtés figurent des assureurs comme Covéa, AXA, CNP Assurances, Groupama mais aussi les filiales d’assurances des principales banques françaises.

Unibel, Orange, Financière Dassault…

De grandes entreprises comme Orange, mais aussi des « family office » avec le groupe laitier Unibel et Financière Dassault ont également mis au pot. Ils devraient être rejoints plus tard par d’autres investisseurs, alors que l’objectif est de lever, à terme, jusqu’à 10 milliards d’euros. Lors de cette deuxième phase de financement, Bpifrance investira un deuxième milliard, de la dette sera à nouveau levée à hauteur d’un milliard, et le solde sera financé par des capitaux étrangers.

Avec ce nouveau fonds d’investissement à la française , en gestation depuis deux ans, la banque publique souhaite se poser en investisseur patient et durable, avec des prises de participation limitées à 5 % du capital, dans des entreprises du CAC40 ou du SBF120. Le ticket moyen serait de l’ordre de 500 millions d’euros. « Dans la période actuelle, avec les transitions technologiques et environnementales qui s’annoncent, les sociétés françaises veulent pouvoir compter sur un actionnaire stable. C’est ce que nous leur proposons », affirme Nicolas Dufourcq.

Deux dossiers déjà à l’étude

L’officialisation du « closing » du Lac d’argent permet de le rendre opérationnel. « Les premiers investissements pourraient se concrétiser très vite », prévient Nicolas Dufourcq, alors que la dégringolade des marchés financiers et la chute des valorisations offrent de nouvelles opportunités d’investissement. Les négociations seraient très avancées sur deux dossiers en particulier. Ce ne sera pas le groupe Lagardère, qui cherche à stabiliser son capital après les attaques du fonds Amber, mais « c’est typiquement le genre de dossier sur lequel on aurait pu intervenir », confie-t-on chez Bpifrance.

Officiellement, le fonds ne se présente pas comme un rempart aux investisseurs activistes et aux hedge funds étrangers. Néanmoins, « il existe de nombreuses entreprises cotées françaises qui voient de plus en plus d’actionnaires étrangers entrer et sortir de leur capital très rapidement, reconnaît Nicolas Dufourcq. Il faut qu’elles puissent compter sur des investisseurs patients, français, prêts à les accompagner durablement. La place de Paris manquait de ce type d’investisseur. »

Concurrence multiple

Pas question cependant d’investir à perte. Le fonds s’est engagé auprès de ses souscripteurs à de vrais retours sur investissement. « L’un des intérêts du fonds est qu’il est de taille très importante, seuls nous ne pouvons pas mobiliser des sommes aussi importantes dans une seule société», explique Olivier Le Borgne, directeur des placements et de l’actif-passif chez l’assureur Covéa, qui s’attend à ce que l’investissement « rapporte en moyenne ce que rapportent les actions ».

Ce nouveau véhicule d’investissement pourrait entrer en concurrence avec d’autres déjà existants. Le Fonds stratégique de participations (FSP), abondé par les principaux assureurs français, partage notamment les mêmes thèses d’investissement, avec des participations de 5 à 10 % dans des entreprises de taille intermédiaire cotées. « Il est possible que l’on se retrouve avec le FSP au capital de certaines entreprises. Mais ce ne sera pas un problème pour ces sociétés, bien au contraire », veut croire Nicolas Dufourcq.

Source : les echos

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