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Une inquiétude passagère ? Ou une crise en gestation ? Par Investing.com

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Investing.com – Les investisseurs semblent avoir largement mis de côté leurs inquiétudes concernant Evergrande (HK:) alors que celui-ci est au bord du défaut de paiement. Mais les analystes affirment que les enjeux resteront élevés à mesure que la situation évoluera dans les semaines et les mois à venir.

Principal Global Investors explique que la situation d’ Evergrande arrive comme un test de la solidité du marché pendant cette reprise. « Le risque posé par la crise d’Evergrande est un test pour la résilience de la reprise du marché post-COVID ».

En effet, les craintes d’un défaut de paiement désordonné de la part d’Evergrande se sont manifestées lorsque les actions mondiales et d’autres actifs perçus comme risqués se sont effondrés. Les investisseurs se sont rués sur les valeurs refuges, notamment les bons du Trésor américain, ce qui a entraîné une forte baisse des rendements.

L’intervention de la Chine a calmé les esprits

La banque populaire de Chine a injecté d’importantes liquidités dans le système financier pour calmer les inquiétudes. D’ailleurs, le gouvernement chinois avait demandé aux autorités locales de se préparer aux répercussions économiques et aux troubles sociaux qui pourraient résulter de l’effondrement d’Evergrande.

L’ensemble de ces mesures a donné aux observateurs du marché l’impression que, si Pékin est réticent à renflouer Evergrande, elle est également prête à prendre des mesures pour s’assurer que les difficultés du géant de l’immobilier n’encombrent pas le système de crédit chinois.

Cette réticence apparente s’explique par le fait que Pékin a tenté ces dernières années de limiter les excès du secteur immobilier du pays, notamment en imposant en août 2020 les « trois lignes rouges », qui limitent l’effet de levier des sociétés immobilières individuelles.

Jefferies Financial Group (NYSE:) avance que le gouvernement chinois ne va probablement pas voler au secours du promoteur immobilier. « Compte tenu de l’effet de levier impressionnant d’Evergrande, l’horloge fait tic-tac depuis lors, à moins que l’on ne croie que les régulateurs chinois feraient une volte-face pragmatique à la dernière minute ».

Une situation à risque ?

Mais nombre de ces mêmes experts ont noté qu’un certain nombre d’inconnues continuent d’entourer Evergrande, notamment la manière exacte dont Pékin prévoit de gérer une défaillance largement attendue.

Par ailleurs, les détenteurs d’obligations en dollars américains de la société n’avaient pas reçu de paiement d’intérêts de la part du géant immobilier à la date limite de jeudi. Evergrande devait verser 83,5 millions de dollars en coupons. La société dispose d’un délai de grâce de 30 jours, après lequel elle pourrait être officiellement déclarée en défaut de paiement.

Si cela se produit, il s’agirait du plus grand défaut de paiement d’obligations en dollars jamais enregistré par une société asiatique.

Que peut donc faire Pékin ?

Danske Bank avance que le gouvernement chinois tentera d’intervenir au minimum pour éliminer un risque de contamination, mais sans secourir Evergrande. « Le gouvernement central chinois pourrait laisser Evergrande tomber, mais nous pensons qu’il tentera probablement d’en limiter les effets sur le secteur financier du pays afin d’éviter une crise plus large ».

La banque a noté qu’Evergrande a 669 millions de dollars de paiements de coupons à effectuer cette année. Un défaut de paiement pourrait déclencher une plus grande volatilité sur les marchés chinois, avec des retombées sur les marchés mondiaux, affirmant qu’une sorte de « coupe-circuit » serait nécessaire pour garder les investisseurs calmes et arrêter une spirale négative.

Elle a aussi décrit un scénario dans lequel Evergrande se retrouve en faillite, le gouvernement ordonnant alors aux banques d’État d’acheter des obligations à haut rendement sur le marché ainsi que des obligations fraîchement émises par d’autres promoteurs afin d’empêcher la crise de se propager au secteur immobilier.

La banque explique que les banques d’État pourraient prêter suffisamment d’argent aux promoteurs pour éviter que d’autres ne fassent défaut, tandis qu’une réduction du ratio de réserves obligatoires par la PBOC ajouterait des liquidités au système financier, permettant aux banques d’acheter davantage d’obligations.

Le gouvernement chinois n’est pas à son premier tour de manège

Principal Global Investors a noté que les régulateurs chinois ont de l’expérience dans la maîtrise des risques posés par les institutions en difficulté, mais a déclaré qu’il fallait s’attendre à une volatilité à court terme, au moins jusqu’aux vacances de la Semaine d’or chinoise qui commence le 1er octobre. Pendant ce temps, les investisseurs internationaux sont susceptibles de rester sur la touche et d’adopter une approche moins risquée à l’égard de la Chine et de l’économie asiatique au sens large.

La firme explique que les investisseurs resterons vigilants face à out développement dans cette affaire. « Si les détenteurs d’obligations sont contraints de s’asseoir à la table pour discuter d’une restructuration, tous les regards seront tournés vers la manière dont les discussions sont menées, car elles serviront de fenêtre sur l’étendue de l’efficacité de la Chine en tant que marché financier international ».

Source : investing

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