Placement

Une nouvelle banque est née

« Ni néobanque… ni fintech ». Jean-Daniel Guyot, le cofondateur du site d’achats de billets de train Captain Train, a officialisé la naissance ce mardi de « Margo Bank », une banque de plein exercice immédiatement rebaptisée « Memo Bank », qui correspond davantage à ses « ambitions européennes ».

En pleine crise du coronavirus , l’établissement a obtenu le feu vert de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne (BCE). Il va donc pouvoir proposer des services de paiement, de dépôt et de crédit, sur un marché déjà fortement convoité.

La création d’un nouvel acteur bancaire indépendant est une première en France depuis 50 ans, assure Jean-Daniel Guyot, le président du directoire. « C’est un événement inédit, surtout si l’on considère que l’entreprise a été construite entièrement en partant de zéro, que ce soit sur les aspects réglementaires, opérationnels ou encore technologiques ».

Le projet, en gestation depuis trois ans, avait beaucoup fait parler de lui dès 2018 , lorsqu’une première levée de fonds de 6,4 millions d’euros avait révélé le soutien d’investisseurs prestigieux comme Xavier Niel (Iliad), Marc Simoncini (Meetic) et Jacques-Antoine Granjon (Veepee). L’argent avait alors permis de financer le développement du « core banking system », le système d’information de la banque.

Le banquier Ronan Le Moal à la tête du conseil

La société vient de boucler une deuxième levée de fonds ce mois-ci, d’un montant de 20 millions d’euros. Le fonds Daphni a ainsi remis au pot, accompagné de BlackFin Capital Partners, créé par les fondateurs de Fortuneo, de Founders Future, mais aussi de Bpifrance.

Des personnalités du monde de l’investissement et de la banque ont également rejoint l’aventure comme Ronan Le Moal, l’ancien directeur général d’Arkéa, nommé président du conseil de surveillance, épaulé par l’entrepreneur Jacques Veyrat, et l’ancien dirigeant d’HSBC France Gilles Denoyel.

Memo Bank, qui va commercialiser son offre à la rentrée, vise en priorité les PME d’au moins dix salariés et dont le chiffre d’affaires est supérieur à 2 millions d’euros. Avec une offre construite autour « de l’accompagnement et le financement de la transition numérique des PME en croissance ». Pas de réseau physique prévu pour l’instant : les chargés d’affaires accompagneront leurs clients « en mobilité ».

La riposte des banques traditionnelles

Les initiatives se multiplient sur le marché. Créé en 2017, Qonto fait figure de pionnier , avec une offre dédiée aux entrepreneurs. Reconnue établissement de crédit depuis 2018, la néobanque, qui revendique 75.000 clients, a déposé une demande d’agrément bancaire, qu’elle espère obtenir d’ici la fin de l’année. Manager.one, Shine ou encore N26 s’adressent aussi aux « pros ».

Les banques traditionnelles, comme Crédit du Nord et Crédit Agricole , s’invitent aussi sur ce créneau, avec de nouvelles start-ups développées en interne et chargées de séduire des nouveaux clients.

Cette densité du marché n’inquiète pas les fondateurs de Memo Bank. « Les services de ces différents acteurs sont complémentaires. Nous ne sommes pas là pour prendre des parts de marché aux autres. Notre objectif, c’est de créer de la valeur en apportant quelque chose de nouveau, et de tirer le marché vers le haut », affirme Jean-Daniel Guyot. La banque espère conquérir 4.000 clients en quatre ans.

Source : les echos

Autres articles à lire

Crédit immobilier : la Banque de France juge « temporaire » l’effet du confinement

administrateur

Oudéa: « c’est de loin la crise la plus grave que j’ai vécue »

administrateur

A Wall Street, les traders rient, les banquiers pleurent

administrateur

Shine étoffe sa gamme avec une assurance-facture

administrateur

Les Bourses mondiales portées par les espoirs de reprise

administrateur

Le nombre de banquiers millionnaires a augmenté l’an dernier

administrateur